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Un petit tour dans le vaste Monde, une pause dans une salle de spectacles, un détour par la cuisine ou auprès du sapin de Noël ... deux ou trois créations … Bienvenue chez moi , agréable visite, et n'hésitez surtout pas à laisser un commentaire. Pour être informés des articles récents, n’oubliez pas de vous inscrire. A bientôt.

L'ENNEMI INTIME

             
 Florent Emilio Siri dans L'Ennemi intime (Affiche)

Algérie 1959, ils avaient 20 ans .... appelés sous les drapeaux pour leur service militaire, ils se sont retrouvés en Algérie pour "maintenir le calme et apaiser la région" aspirant à son indépendance.

Un lieutenant idéaliste débarque en Kabylie pour participer à cette louable entreprise. Il va découvrir les horreurs d'une vraie guerre ; les combats, les embuscades, avec leurs lots de pertes humaines ... mais aussi l'engrenage infernal des tortures et des représailles soi-disant justifiées par la nécessité d'éradiquer l'ennemi et de protéger les troupes.
Peu à peu, il se laisse imprégner par ce climat, il tente de s'adapter, guidé par un sergent qui tente de décoder pour  lui les monstrueuses règles de ce jeu barbare. 
Après avoir perdu ses illusions, et quelques certitudes ; il risque d'y perdre son âme.

C'est un film intelligent, presque pédagogique, et surtout neutre dans le sens où on ne trouve pas un contingent de gentils face à une horde de méchants .... chaque personnage doit composer avec son passé, son idéal et faire face à l'ennemi, qui n'est pas toujours celui d'en-face, et qui n'est pas toujours l'autre !! ceci  dans des situations toujours plus critiques, où l'individu se trouve broyé par les impératifs guerriers, perdant ses repères et tentant de sauver sa peau avant tout.

La réalisation est impeccable. Les images sont très soignées, avec des paysages magnifiques et des visages filmés au plus près, le tout dans un camaïeu kaki en accord parfait avec l'ensemble. Les scènes de combats sont fortes mais jamais complaisantes, de même pour les images de tortures, la caméra reste pudique, ce qui intensifie encore leur gravité. Pas de surenchère explosive ou de flots d'hémoglobine, là résident la finesse et le tour de force de Florent-Emilio SIRI, le réalisateur, il reste dans le registre du film de guerre sans actionner la grosse ficelle du sensationnel tapageur ; maintenant notre attention sur l'humain. Et les personnages qu'il filme vivent par leur regard, avec une lumière toute particulière dans leurs yeux qui les rend captivants, scintillants comme des joyaux.

Quant à l'interprétation, elle est juste et grave quelque soit l'importance du personnage. Avec en tête le duo phare Benoît MAGIMEL-André DUPONTEL, ils sont formidables tous les deux, avec un petit plus pour Benoît MAGIMEL qui nous offre une belle composition passant par toutes les nuances, dues à l'évolution de son personnage, celui d'Albert DUPONTEL vivant déjà avec ses démons.

Bref, un beau et grave moment ... qui revient sur un sujet peu abordé ... et ignoré par beaucoup alors qu'il est paradoxalement très contemporain, et qu'à l'inverse des rares poilus survivants, nombreux seraient ceux qui pourraient encore en témoigner auprès de leurs enfants ou petits enfants !!!

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