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PARIS

par Dan & C° 25 Février 2008, 11:34 Billets d'où

                                 Paris


Pierre est danseur, pour lui tout s'écroule lorsque le diagnostic tombe. Il doit renoncer à toutes les petites et grandes joies de son quotidien. Il trouve un nouvel intérêt dans sa vie de reclus : regarder vivre les autres dans son quartier parisien. Sa soeur, Elise, une quarantenaire désabusée, va l'épauler du mieux qu'elle peut.
Sur ce propos de départ, on va voir défiler ceux qui peuplent  ce microcosme : une jolie voisine étudiante courtisée par son prof, lui aussi pas très à l'aise dans sa peau et son frère, architecte ; le petit monde des commerçants du marché qui cachent leur sensibilité derrière le bagout racoleur, la boulangère BCBG et même l'immigrant camerounais qui a croisé la route d'un mannequin parisien ...

Chez nous, ce film "chorale" n'a pas fait l'unanimité, et les avis sont partagés !

J'ai bien aimé ces portraits, tranches de vie d'individus au tournant de leurs existances, mais il est vrai que le lien entre les différentes histoires est trop ténu, et n'apporte pas grand chose ! Quant à PARIS, ce n'est qu'un vague prétexte car il est franchement improbable que tout ce "joli" monde se retrouve dans cette grande ville !!! Et si volonté de "chorale" il y a, on a plutôt l'impression que chacun joue sa partition en solo ... l'interaction entre les personnages étant surfaite et sans pertinence sinon la nécessité de les "introduire" dans le récit ! Contrairement à la démarche façon Claude LELOUCH, qui nous expose des histoires qui vont converger vers un but ultime, ici on a plutôt le sentiment de suivre le regard de Pierre qui va se poser sur untel ou untel, le temps d'une parenthèse on s'y arrête (la boulangère par exemple) avant de repartir vers autre chose. 
C'est en cela que le film a déplu a certains, le côté fouillis dû à ces portraits "en marge" alors que les principales histoires se retrouvent noyées dans la masse. 

Mais il reste le plaisir de voir trois grands acteurs, magistraux, chacun dans son registre. En tête, Romain DURIS, je ne suis pas "fan" et là, quel beau rôle et quel beau jeu ! Quelle belle interprétation de ce personnage malade à la limite du renoncement et qui tourne son regard vers les autres et va, par ses mots, redonner le goût de la vie à sa soeur. Elle, c'est Juliette BINOCHE, humble et sensible, dont le personnage reprend des couleurs au fil du film. Et Fabrice LUCCHINI, plus décalé que jamais, et si attendrissant dans cette démesure qu'il met aux pieds de Mélanie LAURENT. ... et tous les autres personnages sont aussi attachants dans leur fragilité ou leur exubérance, servis par des comédiens formidables : Albert DUPONTEL (dans le registre de "Fauteuil d'orchestre"), François CLUZET, Karin VIARD (scène culte mais tout à fait satellite), Julie FERRIER (étonnante), Gilles LELLOUCHE et Zinedine SOUALEM (humains). et Maurice BENICHOU (discret dans la succulente scène du psy !).
Du beau monde pour de belles histoires qui manquent, hélas, de cohésion dans un PARIS réduit à un coin de rue.  

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