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UN COEUR SIMPLE

par Dan & C° 3 Avril 2008, 20:37 Billets d'où

                               Un coeur simple

Au XIXème siècle dans la campagne normande, Félicité s'enfuit suite à un amour trahi. Elle est engagée comme domestique par Madame AUBAIN, une veuve bourgeoise austère et rigoureuse ; elle doit s'occuper des enfants, les laver, les habiller et les nourrir, rien de moins et surtout, rien de plus. Mais Félicité déborde d'affection à déverser sur son entourage, abandonnée par Théodore, et s'attache à Clémence, la fillette de la maison, mais dont toute marque de tendresse à son égard lui est interdite, puis elle se tourne vers Victor, son neveu, et même vers Loulou, le perroquet écarlate. Mais le destin va contrecarrer systématiquement tous ses liens sans toutefois lui faire perdre son dévouement ; et passant sa vie à choyer son prochain, elle en oubliera sa propre quête du bonheur.

Nous avons beaucoup aimé ce film grave et austère, mais aussi lumineux et tellement humain.
Le rythme du film est très lent, suivant le fil des années qui s'écoulent sans heurts, le temps seulement marqué par les changements de physionomie des enfants qui grandissent, par les visages de femmes qui se creusent, les transitions étant assurées par de longs plans sur les feuillages des arbres du bocage normand (mise en scène un peu répétitive toutefois !).
Les paysages et les personnages sont filmés avec une grande finesse, on revoit les tableaux de Monet, ses champs, ses falaises du pays de Caux, ses dames élégantes ... pas d'aspérité dans la mise en scène, tout en douceur, suivant au plus près les gestes et les visages des personnages. Visages mis en valeur par une belle lumière et un maquillage qui, passant inaperçu, se joue de l'âge des actrices.
Et bien sûr l'énorme satisfecit va à l'interprétation, principalement aux deux comédiennes principales.
Sandrine BONNAIRE est formidable, candide au "coeur simple", elle offre sa tendresse sans retenue, prodiguant mille gestes pour dorloter les "siens", trouvant toujours un destinataire pour tout cet amour, jusqu'au perroquet qui sera sa dernière passion. Elle parvient, avec une simplicité si naturelle, à cumuler la gravité, l'effacement et le chagrin avec la générosité, la tendresse et l'énergie. Elle est omniprésente alors qu'elle joue un personnage en permanence en retrait ; d'un regard, d'un geste, elle donne corps et âme à Félicité, sans "passage en force" elle nous communique les passions et les frustrations de son personnage qui ne trouve des caresses que dans le fil de l'eau.
Le second magnifique rôle échoit à Marina FOIS qui est étonnante. L'échappée des  "Robin des Bois" continue son petit bonhomme de chemin de manière encore une fois judicieuse et inattendue. Le visage lisse et fermé, elle est froide et hostile, élégante aussi. Antipathique au début, elle va nous amener à comprendre et à excuser cette veuve engluée dans ses principes.

Une fois encore, un joli film (français) quitte l'affiche après une semaine d'exploitation, sorti le 26 mars, nous sommes allés le voir le 1er avril juste avant sa déprogrammation .... 7 spectateurs dans la salle ! Cherchez l'erreur !  

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