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BARCELONE - octobre 2013 [visite de BARCELONE en 4 jours]

par Dan SAUBION 20 Octobre 2013, 16:50 Bouts de Monde

Petite parenthèse inattendue, imprévue au début de l’automne … nous allons passer quatre jours à BARCELONE.

 

Nous connaissons déjà la capitale catalane après un séjour raconté ici : http://www.sweetmemory.fr/article-28801544.html ; notre intention est donc de compléter cette première visite, de voir d’un peu plus près les œuvres de Gaudi, de voir Montjuïc ….

 

Nous avons choisi de rentabiliser au maximum nos quatre jours ; nous avons dégoté des vols très matinaux pour le départ et assez tardifs pour le retour …

 

                  deco246.gif JOUR 1

 

Du coup, on atterrit à 9h30.      BARCELONE nous voilà !!

 

On commence par un tour  au point info pour acheter une carte de transport, on a exclu la formule « Pass Barcelona » et on pense prendre une carte T10 de 10 billets, mais l’employé nous propose une autre solution, une carte illimitée pour 4 jours à 24,40€, ça nous semble une bonne idée, la carte en question nous permettra de voyager partout en ville, quelle que soit la zone et aussi de prendre le train depuis l’aéroport jusqu’au centre ville (plus besoin de navette).

metro--2-.JPG

Grâce aux informations du guichetier nous allons prendre le train de banlieue C2 « direction San Celoni », une sacrée cavalcade jusqu’à la gare !!! On va faire le tour de tout l’aéroport ….

Nous compostons donc notre précieux sésame et montons dans le joli train de la Renfe, un train confortable, , avec des informations claires sur le trajet … et pourtant il s’apparente à notre RER !

train aéroport

L’aéroport est le terminus de la ligne (notion bien pratique pour le retour !).

En vingt minutes nous arrivons à « Sants Estacio », la grande gare centrale de BARCELONE.

On file déposer nos bagages à l’hôtel avant de nous transformer en touristes bienheureux.

 Il fait très beau ici, un beau ciel bleu, 28°, le temps idéal pour profiter du panorama de la colline de MONTJUÏC.

Coup de chance, le funiculaire part de la station de métro juste à côté de notre hôtel ; et il fait partie des transports inclus dans notre carte !

Par contre, pour aller en haut de la colline, il nous faut prendre le téléphérique, celui-là est payant : 7,50€ la montée, 10,30 l’aller/retour ; on se dit que la descente à pied serait plus sympa … et plus enrichissante … c’est parti pour des allers simples !

La montée est très agréable, nous sommes dans une petite cabine, la vue est belle sur la côte, le port, BARCELONE !

funiculaire de Montjuïc (2)

Il est un peu plus de 11h30 et, déjà, nous nous dirigeons vers le château ; pas mal de monde circule sur ce site.

Le château est une grande forteresse, les douves sont maintenant décorées de jolis massifs de fleurs ; et dans les jardins tout autour des pièces d’artillerie, des canons plus ou moins anciens.

colline de Montjuïc (2)

Dès le XVème siècle, des fortifications sont édifiées sur le « mont juif ». Au XVIIIème siècle, on prend modèle sur les places fortes de Vauban pour rénover le château. Il va être une pièce maitresse pour mater toutes les rébellions barcelonaises, luttes ouvrières ou anarchistes, servant de prison à l’époque franquiste, puis transformé en musée militaire par Franco en 1963. Devenu propriété exclusive de la ville de BARCELONE en 2007, la statue du Généralissime disparait, et un projet de Centre International de la Paix voit le jour.

colline de Montjuïc (12)

On peut circuler librement dans ce gros bâtiment. Depuis les remparts on a une belle vue sur la baie de BARCELONE et surtout sur les ports, commercial et industriel, sur le bel hôtel W Barcelona qui se fond dans le décor.

colline de Montjuïc (6)

On balaye aussi toute la ville qui, curieusement, n’offre pas de point de repère particulier à part la Sagrada Familia … pas de grande église, palais ou grand jardin.

colline de Montjuïc (18)

On voit aussi toute la grande cour de cette forteresse, en partie occupée par les tables du petit restaurant.

colline de Montjuïc (16)

Sur cette terrasse, hormis les petites tours de guet à chaque coin, il n’y a aucune construction mise à part une grosse tour carrée flanquée d’un grand cadran solaire … qui indique l’heure solaire, en retard de deux heures par rapport à nous ! Une plaque nous indique que c’est à partir de cette tour que l’astronome Pierre Méchain a, en 1793, par un calcul savant, « établi les coordonnées de BARCELONE et la triangulation de l’arc médian (Barcelone/Dunkerque) qui a servi de base au système métrique décimal » … tout ceci est écrit en catalan … finalement plus facile à comprendre que le calcul lui-même !!!  

colline de Montjuïc (19)

Cette première découverte est très agréable, le temps est magnifique, nous sommes en T-shirts en plein soleil, et les lunettes de soleil ne sont pas superflues ! Que du bonheur !

Après quelques dernières photos, on estime avoir fait le tour de ce château fortifié, on cherche à descendre vers la tour en forme de « zigouigoui » située dans la zone du Parc Olympique. On tâtonne un peu, y allant au jugé ! Nous suivons la route à flanc de colline, nous laissant guider par la petite flèche blanche.

Avant de bifurquer vers le Parque Olimpic, nous suivons une indication vers le « mirador del Migdia », il ne s’agirait pas de louper une belle vue !!! Mouais … une grimpette pas vraiment indispensable ! quasiment le même point de vue que depuis le château, et même pas la vue sur le château … pfff .. allez, on revient sur nos pas et on continue !

Au détour d’un virage, de drôles de bâtiments attirent notre attention, c’est le cimetière « del Sud-Oest » de la ville, à la mode espagnole, de petits pavillons dans lesquels sont « empilés » les « niches tombales », c’est assez curieux !

colline de Montjuïc (28)

Notre « zigouigoui » se rapproche ! entre les arbres, derrière des courts de tennis ! Nous coupons à travers des sentiers dans ce coin assez boisé, et profitons de nouvelles vues sur la ville, sur le secteur plus moderne !

colline de Montjuïc (32)

Ca y est, nous sommes arrivés dans le Parc Olympique, on aperçoit les premières installations, terrain de base-ball … on s’arrête quelques minutes dans un petit square dans lequel des perroquets font un raffut du diable, volant d’un arbre à l’autre.

colline de Montjuïc (34)

Et voilà enfin le « zigouigoui » dans toute sa splendeur ! il s’agit d’une tour de communications, la Torre Telefonica de Montjuïc. Cette tour de 136 mètres de hauteur a été édifiée pour les retransmissions olympiques de 1992 … elle représenterait un athlète portant la flamme olympique …. En cherchant bien, pourquoi pas ! autre secret, plus étonnant … cette flèche, de par son orientation, est aussi un cadran solaire géant, dont on peut lire l’heure Plaça Europa.

colline de Montjuïc (35)

Pour le moment, on longe les grilles du Stade Olympique (Estadi Olimpic Lluis Companys). La construction remonte à l’exposition universelle de 1929, jusqu’en 1975 il est utilisé comme paddock pour les courses automobiles des Grands Prix, mais à la suite d’un accident mortel il interrompt cette activité, et il est transformé pour les J.O. de 1992. Un peu plus loin, voyant des grilles ouvertes, on s’y engage, pensant arriver au bord de la pelouse d’un stade … et non ! ô surprise, nous voici sur la Plaça d’Europa, une magnifique place de colonnades en arc de cercle, façon temple grec, ouvrant sur de grandes pelouses bordées de colonnes, ponctuées de fontaines et avec, en perspective, la façade principale du superbe stade olympique. C’est une très belle, et grande surprise ; nous étions loin de nous attendre à ça ! et comble de bonheur, il y a de jolis bancs, à l’ombre, dans un petit courant d’air … l’idéal après notre descente sportive ! Et quel grand calme !! les touristes ne viennent pas se perdre jusqu’ici ! il n’y a que quelques joggers ou cyclistes ... et NOUS  !

colline de Montjuïc (38)

Nous remontons cette grande esplanade, passons juste à côté de la fameuse tour, et retrouvons finalement un peu de monde à l’entrée de ce grand parc qui donne sur le MNAC (Museu Nacional d’Art de Catalunya) et … sur la Plaça d’Espanya en contre bas avec les célèbres (mais inactives) fontaines de Montjuïc. Ca on connait … et on n’est pas les seuls ! Il y a un monde fou devant ce gros palais ! On s’assied un moment pour apprécier la vue avant de descendre jusqu’à la Place d’Espagne.

colline de Montjuïc (47)

colline de Montjuïc (49)

On s’accorde une pause, un tour à l’hôtel pour prendre possession de notre domaine … et on y retourne.

On ne tient pas à aller trop loin, … à coup sûr on va vers la Rambla à deux rues de l’hôtel !

Nous ne sommes qu’à un carrefour de la colonne de Colomb, et de là sur cette artère si vivante de BARCELONE !

Avec beaucoup de plaisir on s’y promène, retrouvant les « hommes-statues », tous les restaurants, puis les marchands de fleurs, d’animaux !

Pour le plaisir, on fait un tour dans le Mercat de Boteria, que nous découvrons de nuit (après l’avoir visité de jour lors de notre premier passage !!) … toujours aussi beau et bien fourni !!! avec, c’est de saison, pas mal de champignons, présentés, curieusement, posés sur leur chapeau, les lamelles bien en évidence !

mercat de la Boqueria (1)

mercat de la Boqueria (2)

Toutes ces bonnes choses nous mettent en appétit, ici les restaurants sont les uns sur les autres sans grande concurrence, nous choisissons de nous offrir une soirée paëlla-sangria !

 

 

                           deco246.gifJOUR 2

 

La journée de tourisme commence : nous prenons, juste en face de l’hôtel, le bus 64 qui doit nous conduire directement au Monastère de Pedralbes que nous voulons visiter ce matin.

L’arrêt du bus est juste à côté de la muraille des remparts médiévaux, devant la Portal de Santa Madrona, la seule porte de ces remparts conservée, elle a été construite en 1378, en même temps que l’extension des chantiers navals.

remparts (1)

Au cours de notre périple, nous passons devant le Mercat Sant Antoni, un grand et magnifique marché en pleine restauration, la date de 1882 figure sur le fronton, la rénovation devrait lui rendre sa splendeur, avec son armature peinte couleur brique, ses décorations et ses tuiles vertes, il est, même en travaux, du plus bel effet.

mercat San Antoni

Nous suivons ensuite la ronda de Sant Antoni, une très longue avenue bordée de beaux immeubles construits au moment de l’Exposition Universelle de 1929 … je dirais que c’est la rue des balcons ; chaque fenêtre en a un, du joli balcon garni de pots de fleurs, tables … à la plus simple balustrade, chaque fenêtre est dotée d’une grille plus ou moins travaillée, fenêtres dont les décorations changent, généralement, d’étage en étage, donnant lieu à une étonnante profusion de styles de frises et de ferronneries qui rendent leur observation passionnante !

facade--1-.JPG

On enchaine par la Carrer d’Aribau, qui garde le même esprit.

Mais nous nous éloignons du centre Ville et le quartier, devenant plus moderne, perd de son cachet et est maintenant très banal.

Nous montons à l’assaut de la colline, dans un quartier maintenant très résidentiel, les commerces ne sont plus que les boutiques d’alimentation, boucheries, charcuteries, poissonneries et de belle boulangeries … à la française !

Le nouveau quartier que nous traversons est plus cossu, des petits immeubles en briques, il semble que ce soit le quartier « diplomatique », on passe, entre autres, devant le Consulat des Etats Unis.

A 10h20 nous arrivons à destination ; nous n’avons plus qu’à trouver le monastère en question, il se cache au fond d’une toute petite ruelle ; passé un petit porche nous arrivons dans un autre monde, un bond de sept siècles qui nous ramène au XIVème siècle sur une place bordée de bâtiments de style roman.

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Les billets d’entrée achetés (10€/personne), notre visite peut commencer.

Nous entrons directement dans le cloître … et sommes immédiatement émerveillés !

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De longues galeries d’arcades de trois étages bordent le jardin.

Nous nous arrêtons écouter les indications des audio guides.

L’initiative de la construction de ce monastère revient à la reine Elisenda de Montcada en 1327. A cette époque, les femmes de haute et petite noblesse n’avaient comme recours en cas de veuvage qu’au remariage ou à l’entrée dans un monastère. La reine va donc assurer son avenir et celui de ses proches. Ces dames y entreront richement dotées ce qui va contribuer à financer les travaux du monastère, plus tard ce sont les femmes des riches familles barcelonaises qui pourront aussi y faire retraite.

La construction va être très rapide, un an tout au plus pour bâtir cet énorme édifice, et le 3 mai 1327 les premières religieuses peuvent s’y installer.

Dans le cloître, une première chapelle, la chapelle Saint Michel et ses peintures datant de 1346 qui sont en cours de restauration.

Dans la première galerie, c’est la tombe de la reine fondatrice qui est enchâssée dans le mur, celle-ci et les suivantes étant visibles du cloître et de l’église …. Pour le moment on ne comprend pas bien de quoi il est question … tout s’éclairera une fois dans l’église ! 

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Au fond de la galerie, nous sommes invités à aller visiter le dortoir où sont exposés les Trésors du monastère.

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Il s’agit d’une vaste salle, à l’étage, maintenant occupée par une exposition de peintures et sculptures du XIVème au XXème siècle. Certaines pièces sont très belles, riches et précieuses, belles sculptures en bois peint, retables, livres de chant, coffre à hosties … elles ont toutes fait partie de la vie des clarisses depuis la fondation du monastère.

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Revenus dans le cloître nous parcourons les galeries sur lesquelles s’ouvrent les petites cellules dans lesquelles les religieuses occupaient leurs journées à divers travaux ou méditation.

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L’ordre des Clarisses est attaché à Saint François d’Assise dont il cultive le vœu de pauvreté ; les religieuses se soumettent aussi à des règles de chasteté et de claustration stricte. La vie du monastère est donc organisée en conséquence.

Les religieuses, outre les moments de prière, vont fabriquer et décorer la vaisselle d’argile, broder les vêtements, tisser la dentelle qui ornera ensuite les habits sacerdotaux des prêtres …

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Le monastère est un lieu de vie autonome, il a ses entrepôts, chambre froide, citerne, cuisine et réfectoire.

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Ce sont toutes ces pièces que nous découvrons au fur et à mesure de la visite, passionnante et impressionnante vu la qualité et la surface des installations ; il faut dire que le monastère est resté en activité constante jusqu’en 1983 ! … mais c’est seulement dans la cuisine qu’on perçoit cette relative modernité avec une grande cuisinière et des frigos ! Mais, dès la construction on avait utilisé la géographie du site pour en tirer le meilleur parti : profitant de la pente de la colline, les chambres froides destinées à recevoir viandes et poissons conservés dans du sel avaient été bâties au sous-sol, ainsi que les entrepôts qui stockaient diverses denrées (vin, huile, céréales …), au rez-de-chaussée le cloître et les dépendances et dans les étages les dortoirs.

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Nous allons ensuite faire un tour dans le joli jardin où deux constructions retiennent l’attention : la citerne, un joli puits entouré de bancs en faïence rose et verte (on entend encore l’eau couler au fond), et la fontaine de l’ange, c’est là que les religieuses se lavaient les mains avant d’aller manger. Il a une drôle de bobine cet ange et semble assez incongru dans un tel endroit ! il a des proportions assez particulières et une bouille de dessin animé !

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Outre ces deux points d’eau, un autre grand bassin, décoratif, occupe ce jardin.

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On descend au sous-sol pour découvrir les « procures » où étaient entreposés ustensiles et victuailles.

On découvre aussi une très surprenante exposition : un curieux diaporama retraçant la vie de Jésus de sa naissance à sa résurrection. Il s’agit de petits tableaux composés de personnages, décors et d’infinis menus détails, tout ceci reproduit en plâtre selon une technique mise au point par le créateur de ces scènes religieuses Antoni Moline en 1912, maintenant connue sous le nom de « l’école de BARCELONE ». De 1863 à 1921, une association barcelonaise regroupait différents artistes qui consacraient leur art à ces reproductions religieuses. Leurs héritiers ont repris le flambeau et présentent maintenant ces fascinants petits tableaux en trois dimensions.

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Le soin apporté à la reconstitution, la minutie du détail sont déjà impressionnants, mais il faut jouer des perspectives, se déplacer, se mettre sur la pointe des pieds pour découvrir l’ampleur réelle de chaque pièce. C’est vraiment étonnant, rien n’est laissé au hasard, et, par exemple, on peut apercevoir un troupeau d’oies cachées derrière un mur, ou un centurion dissimulé dans le recoin d’une ruelle.

Une très jolie et touchante exposition.

Nous prenons maintenant de la hauteur en allant dans l’étage supérieur, nous avons déjà visité le dortoir, et aucune autre salle n’est accessible, mais le tour de la galerie en surplomb du cloître est bien agréable, elle nous offre une jolie vue sur le jardin et sur le massif clocher de l’église voisine.

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C’est vers elle que nous nous dirigeons, vers midi, une fois la visite du monastère terminée.

C’est une grosse construction massive qui ressemble davantage à une forteresse qu’à une église ; l’intérieur est dans le style gothique catalan très sobre.

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Nous voyons donc les côtés des sarcophages découverts dans le cloître, effectivement encastrés dans la muraille mitoyenne.

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On ne s’attarde pas, et allons faire un rapide tour à l’extérieur. Je monte voir une rue plus haut si la vue est jolie … puis direction l’arrêt du bus, on redémarre … même trajet en sens inverse … ou presque car les sens de circulation nous font découvrir d’autres rues !

Nous avons décidé de descendre jusqu’au port , on va se promener sur l’esplanade autour du grand hôtel « W ».      

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Le ciel est très nuageux, un peu brumeux sur la côte, mais il fait quand même 25°. Le paysage est tristounet, mais la promenade reste très agréable, nous sommes en plein vent, sur la mer trois voiliers sont de sortie, ils se reflètent sur les vitres de l’hôtel.

World Trade Center (14)

On va déjeuner à l’heure espagnole.

Ensuite direction la Sagrada Familia. Encore une fois on traverse des quartiers inconnus de la ville, on passe devant l’Académie Royale Catalane des Beaux Arts, Plaça Antonio Lopez, puis devant la belle façade de l’hôpital de Sant Pau.  

Plaça d'antonio Lopez - académie des beaux arts

Après ce tour de ville improvisé, nous sommes devant la Sagrada Familia, toujours en travaux ! Après un rapide coup d’œil à la façade, on va faire la queue pour visiter l’intérieur de l’église, mais un vigile nous met en garde, elle ferme à 18 heures et compte tenu du délai d’attente avant les caisses et de la durée de la visite, ce n’est pas raisonnable. On suit son conseil et on retourne voir l’extérieur d’un peu plus près.

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Cette construction bizarre est toujours aussi surprenante avec ces hautes flèches qui filent vers le ciel avec leurs drôles d’ouvertures, ces escaliers qui donnent sur le vide, les protubérances de toutes sortes, les sculptures taillées à coup de serpe d’un côté, beaucoup plus fines et expressives de l’autre !! Décidemment, on ne peut que se demander ce que nous réserve l’intérieur !

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On va reprendre le métro, compensant une église par une autre … faute d’avoir visité la Sagrada Familia, on va retourner vers la cathédrale et les vieux quartiers.

Métro donc jusqu’à Urquinaona, on y arrive en dix minutes ! De là on part se balader dans les rues et on tombe sur une superbe façade, c’est le Palau de la Musica Catalana, encore un palais de construction très originale … rose et fleurie !

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Le tourisme reprend à travers les petites rues du Barri Gotic avant d’arriver à la Cathédrale.

On entre faire un tour à l’intérieur.

La Catedral Basílica Metropolitana de Santa Creu i Santa Eulàlia a été construite entre 1298 et 1420, à l’emplacement d’une ancienne église romane, des vestiges d’églises antérieures existent même dans le sous-sol. La façade est, elle, beaucoup plus récente, elle date de la fin du XIXème.

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La cathédrale est consacrée à la Sainte Croix (Santa Creu), et à Sainte Eulalie depuis le IXème siècle. La jeune fille est gardienne d’oies, elle a 13 ans quand elle défie les autorités romaines ; condamnée à être exhibée nue, une neige printanière vient la recouvrir. Les romains, furieux, n’en restent pas là … elle subira 13 supplices, comme son jeune âge … comme les 13 oies blanches qui gardent encore le cloître. Elle sera finalement crucifiée sur une croix en forme de X … l’église sera construite suivant cette forme, et le diocèse adoptera ce symbole attribut de la Sainte.

La journée se termine et diffuse une belle lumière chaude dans la cathédrale. Nous faisons le tour des chapelles, souvent très belles, j’aime beaucoup la simplicité du baptistère. Nous retrouvons la vierge noire de Montserrat, patronne de la Catalogne, déjà vue dans le trésor du Monastère de Pédralbes.

cathédrale (3)

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Autre rappel de Pédralbes, les sépultures encastrées dans les murs, ici ce sont les tombeaux du comte de BARCELONE Ramon Berenguer Ier et sa femme Almodis, fondateurs de la seconde cathédrale romane, en 1058.

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Nous allons ensuite dans le petit cloître, nous y retrouvons les fameuses 13 oies (incorporées par paires, il arrive qu’elles ne soient que 12 dans le troupeau), et nous revoyons la jolie fontaine dédiée à Saint Georges (Sant Jordi) saint patron de la ville. Lors de notre premier passage à BARCELONE, nous l’avions vue en plein soleil … maintenant c’est sous la lumière du soir que nous la retrouvons.

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Je reste un moment charmée par une très belle et émouvante descente de Croix ; puis nous retournons dans la cathédrale admirer le magnifique chœur, hélas un peu sombre. Un ensemble dédié à l’Ordre de la Toison d’Or par le jeune Charles Quint, qui avait fait de BARCELONE une étape entre son royaume espagnol et ses terres germaniques.

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Enfin, sous l’autel, une crypte renfermant la sépulture de Sainte Eulalie.

Quand on ressort de la cathédrale, nous retrouvons la Plaça Nova sur le côté de l’édifice, entre architectures moderne et médiévale : les murs entre les tours des remparts ont été « comblés » par des cloisons roses modernes, à l’arrière plan les flèches de la cathédrale et sur la place les énormes lettres de bronze de BARCINO, petit rappel du nom antique de BARCELONE.

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On prend la direction de La Rambla pour rentrer, à pied, à l’hôtel, vraiment tout proche du centre ville !

Un petit tour dans Santa Maria del Pi, juste un rapide coup d’œil dans cette grosse église du XIVème siècle.

Puis nous traversons la Plaça Real, une de ces fameuses places fermées comme savent si bien les faire les espagnols ; lieux de vie incontournables de la vie nocturne … elle ne manque pas à la tradition, il est 19h30 et il y a plein de monde, aux terrasses, assis sur la fontaine, ou allant et venant.

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Nous voici sur la grande avenue, bien peuplée elle aussi, toujours pleine de vie.

Restau et casino pour finir cette belle journée.

 

 

                            deco246.gifJOUR 3

 

 

On se réveille tôt, ce matin on veut aller visiter la maison de Gaudi de bonne heure, arriver avant la populace !

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Voilà, à 10 heures, on peut commencer la visite de cette curieuse maison, la Casa Battlo. On dirait une maison de conte de fée, le maître mot est "aucune ligne droite" !

Cette maison est, à tort, surnommée la « maison de Gaudi », il n’en est que l’architecte. C’est la famille Batllo qui la fait aménager et l’habitera à partir de 1906.

La maison proprement dite est construite entre 1875 et 1877 ; notables de la ville le couple Batllo l’achète en 1900 pour sa situation idéale sur le Passeig de Graçia. En 1904, de grands travaux sont décidés et confiés à Antoni Gaudi qui va revoir tout l’aménagement sans raser la précédente structure.

L’architecte a carte blanche, il va laisser libre cours à son imagination, sa créativité, son art hors du commun.

Il en résulte une maison « sur mesure », sans ligne droite, angle ou aspérité, tout y est calculé pour le confort, le bien-être de l’occupant : la main courante de l’escalier épouse la forme de la main, les poignées de fenêtre sont faites à partir de moules pour une parfaite ergonomie … les aérations, la diffusion de la lumière, tout est matière à une réflexion pour un résultat exceptionnel. Dans la même intention, le mobilier va lui aussi devoir s’adapter à ces formes, à cette esthétique si personnelle.

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Alors, cette visite ? On commence par l’escalier, l’ambiance se veut marine, le pommeau de l’escalier ressemble à un bijou, des attributs royaux comme un sceptre surmonté d’une couronne, la rampe lisse est en bois noble travaillé pour épouser la forme de la main.

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A l’étage, nous arrivons dans un petit vestibule dans lequel la pièce maitresse est une drôle de petite cheminée en forme de champignon, des bancs, face à face, sont installés dans le foyer, un double pour accueillir les amoureux, sur l’autre, en face, plus bas, solitaire, c’est le chaperon qui prenait place pour sauvegarder les convenances ! Tout le monde se presse dans cette petite pièce, pas facile de prendre des photos ni même d’approcher de la cheminée en carrelage sombre. La pièce communique avec la suivante par une belle porte en bois clair, au-dessus des vitraux colorés diffusent la lumière. La porte est toute en formes arrondies.

Casa Batllo (5)

Nous voici maintenant dans le grand salon que des portes peuvent diviser en trois parties.

Cette pièce est tout à fait étonnante, la façade coté Passeig de Gracia est entièrement vitrée, tout y est arrondi, en ondulations, comme de douces vagues. Le lustre central est le départ d’une spirale qui se termine en volutes le long des portes ou forment les piliers placés à l’emplacement de l’ancienne façade qui a été décalée pour gagner place et lumière donnant l’exceptionnelle baie vitrée surmontée de vitraux colorés.

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Sous ces fenêtres des petits clapets d’aération aux formes tarabiscotées qu’on ouvre ou ferme au gré de ses envies, encore le génie de Gaudi !

Ce décor est littéralement féérique … on se croirait dans un palais de conte de fée, ou à Disneyland !

Nous allons ensuite sur la grande terrasse de l’Etage Noble, le Patio. Nous y arrivons par une vaste pièce dans l’esprit du grand salon mais beaucoup plus sobre, encore de grandes fenêtres aux formes improbables, et deux hautes colonnes de marbre juste devant la porte d’accès au patio !

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Voici une belle terrasse d’environ 230m² ! Toujours les décorations si typiques de Gaudi, le trencadis, ces mosaïques faites à partir de céramique cassée, typique de l’art moderniste catalan.

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Si le sol est dans un motif de carrelage assez classique, les autres éléments décoratifs sont encore tout en rondeurs, les quatre étages de l’immeuble que nous avons sous les yeux n’échappent pas à la règle : les fenêtres sont ici « normales », mais les balcons toujours arrondis et une frise fleurie court le long des murs. Sur le mur opposé à la maison un ensemble de « trencadis » qui est en fait une dizaine de petites jardinières.

Casa Batllo (25)

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La visite se poursuit par l’ascension de l’escalier jusqu’au toit-terrasse.

La maison a été conçue autour d’un puits de lumière qui fait entrer le soleil, bien sûr la décoration n’est pas classique, chaque carreau de faïence semble avoir été créé sur mesure pour s’inscrire, en forme et en couleur, à un endroit spécifique. Le calcul de Gaudi est que, si la lumière est importante au sommet, elle faiblit au fur et à mesure qu’elle pénètre dans la maison, il crée alors un dégradé de bleu, plus foncé en haut et s’éclaircissant vers le rez-de-chaussée, renforçant ainsi l’impression de luminosité !

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Ce puits est vivant, l’escalier distribue les appartements des étages, et des fenêtres et balcons donnent sur cet espace.

Nous arrivons au sommet de la maison, le grenier, les dépendances … sous ce toit courent les soupentes à la fois esthétiques et fonctionnelles : faites d’une soixantaine d’arcs caténaires (… j’ai bien essayé de comprendre la technique architecturale de l’arc qui supporte son propre poids … mais je bloque un peu je dois dire !!) … donc, arcs élancés, d’un blanc immaculé qui fait immédiatement penser à un décor méditerranéen … ici fraîcheur et lumière pénètrent par des ouvertures horizontales qui laissent filtrer la douceur mais font glisser la pluie, récupérée dans des citernes. Ces espaces de service étant bien ventilés et exposés servaient, par exemple de buanderie à la maisonnée.

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Un dernier escalier en vrille et nous voici sur le toit … pas comme les autres, de la maison Batllo ! On domine BARCELONE, on a une jolie vue sur la terrasse sur laquelle nous venons de passer il y a quelques minutes, et puis il y a surtout cette profusion de cheminées aux formes bizarres, on dirait des ensembles de champignons ; et ce qui est considéré comme l’épine dorsale du monstre … on dit que la maison abrite un dragon, en référence au saint patron de la ville. Ici, son dos forme un dôme, les tuiles de la façade sur le Passeig de Gracia sont ses écailles, des petits pots de terre, en forme de carapaces de tortues, les arêtes … il y a aussi ce drôle de clocheton en forme de bulbe, en céramique craquelée, surmonté d’une croix et les inscriptions religieuses tout autour. A l’époque de la construction, Gaudi avait ménagé une petite arche permettant de voir la Sagrada Familia déjà en construction … la ville moderne a masqué cette possibilité.

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Sur et à partir du toit, des récupérateurs d’eau de pluie … toujours le souci de fonctionnalité de Gaudi !

On redescend par l’escalier, appréciant une nouvelle fois le cadre et le souci du détail avec les jolies portes en bois des paliers, quelques meubles dessinés par Gaudi pour s’adapter au décor sont exposés.

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Casa Batllo (59)

A 11h30 nous sommes dans la rue devant l’immeuble, c’est sûr, il ne passe pas inaperçu ! Nous retrouvons le grand balcon du salon de l’Etage Noble, les curieuses fenêtres en forme de masques, vagues, selon les goûts ! Et la façade colorée ? Champs de fleurs, reflets des vagues ou nuages bariolés ? … ça restera la poésie de la maison …

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Cette visite terminée, nous irions bien voir La Perdrera, une autre maison construite par Gaudi, ici c’est la terrasse avec les grandes silhouettes visibles de la rue et un musée qui se visitent ; hélas il y a une longue file d’attente devant l’immeuble, on renonce, il y a vraiment trop de monde !

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On décide de se rabattre sur la Sagrada Familia, on prend le métro à Diagonal … à l’arrivée, c’est une queue qui fait trois côtés de l’église qui nous attend ! il aurait fallu pouvoir réserver par Internet ….

On se pose sur un banc dans le petit parc devant l’église pour mettre au point la suite de la journée !

On est tentés par l’Hospital de la Santa Creu i Sant Pau et par le Palau de la Musica Catalana, déjà entrevus l’un et l’autre.

L’Hôpital est à dix minutes à pied … dans l’axe de la avinguda de Gaudi, une belle avenue quasi piétonne décorée de superbes lampadaires, avec une curieuse statue représentant le Beau Temps chassant la Tempête.

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Le tourisme cède le pas à la restauration … Quand nous avons terminé, vers 14 heures, nous allons vers l’hôpital. Hélas la seule visite en français était à 10h30 … on décide de revenir demain si on peut et pour le moment on va se balader dans le grand parc de cet immense hôpital d’un autre temps !

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C’est drôle de se promener librement au milieu de ces grands pavillons en briques ; de grands travaux en cours sur le site, des portions entières sont condamnées, on peut même rentrer dans un des bâtiments dont le rez-de-chaussée est décoré de beaux azuléjos.

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Bon, prochaine étape l’Orfeo Catala, le palais de la musique.

On prend le bus jusqu’à Urquinaona, une fois arrivés au Palau, nouvelle déconvenue, il n’y a plus de visite en français aujourd’hui ; on décide de réserver tout de suite pour demain le nombre des places étant limité. 

On entre faire un tour dans le grand hall aménagé en restaurant, un très bel endroit, une grande verrière en bois et verres colorés, pas du Gaudi mais presque !

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On rentre à pied en passant par la mairie Plaça Sant Jaume, la Plaça del Rei et le Barri Gotic, longeant les remparts et nous promenant dans les toutes petites rues.

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Sur la Plaça Sant Miquel, c’est une vilaine statue moderne qui nous arrête, on dirait des trombones tortillés, dans ce vieux quartier c’est moche, ça s’appelle « Soc jo quan tu est tu » de Paul Celan … quelque chose comme « je suis comme toi » … ceci au milieu d’une jolie place romantique.

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A 16h30, nous sommes Plaça Reial, nous la voyons de jour cette fois ! Pas mal de monde, la plupart assis au bord de la fontaine.

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Nous continuons, zigzagant d’une rue à l’autre, nous traversons un petit passage dans lequel sont exposés des arbres fabriqués à partir de morceaux de palette, curieux … et nous débouchons devant le Musée de cire … sous l’œil scrutateur d’un futur ( ?) pendu et l’attention de Superman !! dans ce petit coin de rue une boutique dont les vitrines sont remplies d’origami … des murs d’insectes, poissons … en papier coloré ; quel travail ! je devrais m’en inspirer pour mes pliages de serviettes pour mes tables de fêtes !!! à étudier !! J

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La journée se termine doucement entre cartes touristiques et cartes de menus, table de restaurant et table de casino … de la plage à la chambre, le marchand de sable est passé.

 

 

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Et voilà, c’est déjà notre dernier jour à BARCELONE ! … et un programme chargé !

A 8h25 nous sommes dans la file d’attente, déjà bien fournie, de la Sagrada Familia.

Les guichets ouvrent à 9 heures, la file se met en mouvement, à 9h10 nous avons nos billets ! On a vraiment fait le bon choix ! Reste à savoir ce que nous réserve l’intérieur de cette basilique.

Pour le moment nous l’apprécions au soleil, sur fond de ciel bleu … certes les vilaines grues sont toujours là … mais elle a nettement plus fière allure qu’hier sous la pluie !

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Une fois les grilles passées, nous pouvons voir une maquette du projet, en brun ce qui est déjà construit, en blanc ce qui reste à faire … euh ??? les 2/3 … ou presque ! un projet aussi fou que démesuré !

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Nous entrons par le côté « moderne » de l’église, celui où les statues semblent travaillées à la hache !

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Et donc … nous y voilà … c’est … WAOU !!! Merveilleux ! quelle beauté, quelle grandeur, quelle lumière !!!! Quelle chance nous avons d’avoir ce beau soleil ce matin qui illumine les vitraux et répand des rayons multicolores sur les murs blancs.

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Nous n’avons pas pris les audio guides (payants), on fait la visite en suivant les petites plaques explicatives judicieusement numérotées !

Et puis, dans un tel lieu, se documenter c’est bien, mais il faut surtout ouvrir bien grand ses yeux et se laisser porter par cette architecture étonnante aux dimensions considérables : 90 mètres de long et 45 de large, une infinie légèreté, une profusion de détails, d’éléments décoratifs, de vitraux magnifiques ; pour un résultat qui parait finalement dépouillé, lumineux et éblouissant !

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Tout est superbe, tout est sujet à étonnement, admiration : les escaliers, les balcons, les plafonds, le sol, les colonnes, les galeries, les vitraux, le chœur, les chapelles …. L’imposante porte qui reproduit le « Pater Noster », les bénitiers, vrais bénitiers …. Les écussons des apôtres, ce Christ en croix suspendu, implorant … les orgues … je crois que ce qui me touche le plus ce sont les jeux de lumière des vitraux, ils projettent un kaléidoscope coloré sur les colonnes, ils forment un drapé de camaïeu dégradé sur les voûtes des galeries, et puis il y a cette belle lumière claire et vivifiante partout dans l’église ; si différente des atmosphères sombres souvent rencontrées dans de tels lieux !

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Sous la nef que nous visitons, il y a une autre église, vrai lieu de culte celle-là, qu’on peut apercevoir en faisant le tour de l’autel. Autre curiosité, dans les chapelles près de l’autel, à la place des statues de saints ou de textes liturgiques, des panneaux en espagnol (ou catalan) et en anglais à la gloire de Jésus … et des téléviseurs retransmettant des prestations du Pape !!!

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Une partie est consacrée à une exposition sur la nature et le style de Gaudi, elle met en perspective des éléments naturels (fleurs, fruits, soleil, vagues …) et leur restitution dans l’univers de l’artiste.

Vers 10 heures on estime avoir terminé notre visite … et la basilique se remplit de touristes et en partant maintenant on devrait pouvoir aller visiter l’Hôpital de Sant Pau.

Un rapide détour par le sous-sol où on  découvre le musée consacré à la construction, on y voit des plans, maquettes …

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On va rapidement jusqu’à l’Hospital de la Santa Creu i Sant Pau. On y arrive à 10h15, le temps d’aller jusqu’au guichet et on sera à l’heure pour la visite … sauf que, à cause des travaux, l’itinéraire est modifié, raccourci, on ne peut voir qu’un pavillon dont le rez-de-chaussée a été restauré, l’étage est occupé par une exposition, le coût de cette visite est ramené à 6€ ; on peut aussi choisir de se promener simplement dans les espaces libres d’accès. Sur un plan la jeune employée qui parle bien français nous indique le petit circuit qui nous permettrait d’avoir une belle vue d’ensemble. Nous optons pour cette solution, un peu contrariés de la tournure que prennent les choses !

On se promène donc dans cet immense ensemble hospitalier.

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Historiquement, l’hôpital de la Sainte Croix a été fondé en 1401 après l’entente du Conseil de la ville et des dignitaires de la cathédrale.      

En 1901, un legs important permet à l’hôpital d’envisager de grands travaux pour s’adapter à l’explosion démographique de BARCELONE, en gage de reconnaissance à son bienfaiteur l’hôpital adopte son nom Pau.

Le projet est confié à l’architecte Lluis Doménech i Montaner, un moderniste contemporain de Gaudi. Lui aussi prévoit une construction pharaonique : 48 pavillons sont prévus ! Finalement, il n’y en aura que 18 (tout de même !!) de construits ! (dont six reviennent au fils de l’architecte).

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Il a opté pour la solution de pavillons multiples attribués chacun à une spécialité médicale différente, après avoir fait le tour de ce qui se faisait en Europe. Il a l’idée de les relier entre eux par des tunnels souterrains, ce réseau totaliserait plus d’un kilomètre de galeries.

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Il veut aussi donner une dimension humaine à ce grand complexe, il va donc l’installer dans un grand jardin, un calcul met en évidence que chaque patient disposerait de 145m² de verdure ! Une belle initiative qui laisse loin derrière les concurrents européens !

Nous voici donc entrain de déambuler au milieu de tous ces pavillons, la partie la plus proche (et qui semble la plus jolie) est en rénovation ; l’ouverture au public du bâtiment principal est prévue pour le mois prochain …. Notre sympathique hôtesse nous a invités à revenir ….

En tous cas l’extérieur de ces pavillons est très beau, beaucoup plus classique que les œuvres de Gaudi. Ces constructions en briques rouges ensoleillées sur fond de ciel azur sont du plus bel effet. Et puis il y a tous ces petits clochetons, ces azulejos, ces jolies fenêtres, ces petits écussons …. Et partout des représentations religieuses !

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D’une terrasse, nous avons une assez jolie vue d’ensemble ; on dirait qu’une ville se déploie à nos pieds.

Nous ne retournons pas voir le hall recouvert d’azulejos déjà visité, par contre, nous entrons dans la grande et sombre église de l’hôpital, belle et massive. Deux belles chaires en marbre s’enroulent autour des piliers, soutenues par un taureau et un lion.

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On ressort par la porte donnant sur la rue ce qui nous permet d’admirer les belles mosaïques des façades des pavillons les plus proches, fresques qui racontent des entretiens médicaux du début du XXème siècle … un témoignage !

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Après cette visite, notre programme est maintenant de fureter en ville, profitant de la balade pour faire quelques dernières découvertes.

La premières d’entre elles sera le Mercat de la Sagrada Familia qui fête ses 20 ans ! Il s’agit d’un marché alimentaire de quartier qui n’a rien de touristique, les stands sont beaux et bien agencés, les victuailles très appétissantes ! des fruits et légumes bien empilés, de beaux poissons, de magnifiques crevettes ; les bouchers qui découpent la viande à même la bête … ou presque ! de beaux pains, belles vitrines de boulangers comme chez nous ! et la drôle de coutume de présenter les champignons cul sur tête !!!

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On prend beaucoup de plaisir à se promener dans ces allées …

Quittant le marché, on descend la Carrer de Padilla jusqu’à la Plaça de Toros Monumental, inutile de dire qu’en terre catalane la tauromachie a déserté les arènes ! C’est un cirque qui se produit ici, et les familles font la queue aux guichets !

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On continue notre promenade vers l’Arc de Triomphe, pour aller ensuite au Palais de la Musique pour notre visite de 14h30.

On aperçoit au loin le grand building en forme de suppositoire … puis nous arrivons en surplomb d’un stade où des gamins jouent au foot. Il s’agit d’el Esportiu Municipal Fort-Pienc

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On traverse ensuite un grand parc, juste à côté de la gare routière, c’est le Parc de l’Estacio del Nord, les gens s’y reposent dans l’herbe, jouent avec leurs chiens, pique-niquent.

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Nous passons devant le bâtiment de la Hidroeléctrica de Catalunya, encore des briques sur une armature de fer ; et arrivons à l’Arc de Triomphe … toujours autant de touristes!

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Nous ne sommes plus très loin du Palau de la Musica, en suivant la carrer de Trafalgar nous y arrivons en moins de dix minutes. Cette rue de Trafalgar concentre les marchands de gros dans le domaine vestimentaire, on trouve de tout … mode jeune, branchée, robes de chambre de mémés ….

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Et voilà, nous avons deux heures devant nous pour casser la croûte et attendre le début de notre visite.

La visite commence à l’heure. Notre guide parle parfaitement bien français.

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Ce Palau de la Musica Catalana est en fait composé de deux parties, la première date du début du XXème siècle, l’autre du début du XXIème !

L’architecte qui a construit la partie la plus ancienne ne nous est pas inconnu, c’est Lluis Doménech i Montaner, dont nous avons apprécié le travail ce matin ! BARCELONE lui doit aussi plusieurs autres édifices en ville, dont la belle maison d’angle juste à côté de la Casa Batllo sur le Passeig de Gracia.

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En 2003, le palais va s’étendre à l’église et au cloître voisins, le « petit » Palau mène des activités parallèles à « l’original ».

Mais, alors qu’avec le Gran Teatro de Liceu, un opéra existe déjà à BARCELONE, d’où vient l’idée de créer celui-ci ?

En 1891, un groupe de musiciens catalans chante, a capella, dans tous les lieux qui lui ouvre les portes. De plus en plus populaire, cet Orféo Catala voit la nécessité d’avoir un endroit où se produire. La construction commence en 1905 et le premier concert est donné en 1908. Depuis des aménagements ont été faits, mais 95% des lieux sont d’origine.

Le palais doit être un hommage à l’âme catalane, elle va apparaitre partout dans la décoration : dans les représentations de la nature, chère aux modernistes qui mettent des motifs fleuris partout ; dans l’évocation du monde médiéval, époque bénie de la grande prospérité et de l’extension catalane ; et des pointes de nationalisme pour bien affirmer cette appartenance.

Après cet exposé historique au pied du grand escalier, nous allons à l’étage dans la Sala Luis Millet, le foyer-restaurant, là où on se retrouve pendant l’entracte ; une grande pièce qui associe harmonieusement le verre des vitraux et l’architecture métallique. La salle est en retrait de la façade, ce recul par rapport à la rue permet d’élargir le balcon, et de laisser davantage de lumière pénétrer la pièce. Sur le pignon extérieur se trouve la grande statue de Saint Georges (le saint patron de la ville) entouré d’un groupe folklorique, sur les piliers et les fenêtres, les roses symboles du saint, et ses couleurs rose et blanc … le contrat est rempli !

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L’accord entre les mosaïques des colonnes et le dessin des fenêtres est superbe.

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Un regard au magnifique lustre au centre de la pièce, et nous entrons dans la grande salle.

Quelle drôle d’impression, la salle parait toute petite, écrasée par la décoration ! Nous prenons place sur les sièges devant la scène.

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Il n’a donc fallu que trois ans pour construire cet édifice aux décorations si riches ! Il y avait sur le chantier une vingtaine d’ouvriers, mais, dans leurs ateliers, 24 artisans travaillaient à la réalisation des pièces décoratives qu’ils venaient ensuite mettre en place, ce qui permettait un important gain de temps.

Notre guide nous décrypte la décoration de la scène. De part et d’autre, des bustes de musiciens et un rappel de leurs œuvres, à gauche Josep Anselme Clavé, musicien catalan, digne représentant de la musique populaire locale ; face à lui le grand Beethoven et des walkyries …. Ce palais est donc ouvert à toutes les musiques, c’est ce que l’architecte veut dire. La programmation actuelle maintient cette tradition, et tous les genres musicaux sont les bienvenus ici … du classique au pop en passant par le flamenco ! seul l’opéra est laissé à d’autres salles, celle-ci est trop petite et ne se prête pas aux grandes mises en scène !

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Et qu’en est-il du décor très particulier de la scène elle-même ? Un exceptionnel mélange de matériaux : de la pierre, de la mosaïque, le fameux trencadis en vogue à l’époque ; pour donner vie à une farandole de personnages qui eux aussi délivrent le même message. Par leurs instruments, leurs costumes, les blasons qu’ils arborent, on comprend que quelles que soient leurs époques ou leurs origines ils ont leur place dans ce cercle ! ainsi les castagnettes côtoient les instruments médiévaux !

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Juste derrière le grand orgue ; lui vient d’Allemagne. Il a subi une restauration radicale, plus besoin d’organiste laborieux, c’est un ordinateur qui mène la danse ! rares sont les concerts au cours desquels il a le loisir de s’exprimer, alors, durant les visites, on lui laisse carte blanche pour le plus grand plaisir des visiteurs ! Aujourd’hui ça sera du Bach ! C’est impressionnant de l’entendre résonner dans la salle conçue pour une acoustique parfaite ! Chaque détail a son importance, tel que la toiture en « m » qui contribue à une meilleure sonorité, l’emploi de tel ou tel matériaux …. Les rénovations de la salle n’ont cessé d’aller dans ce sens, par exemple, le dessous des sièges est recouvert d’une texture spéciale qui, si le siège est inoccupé et donc relevé, offre une meilleure diffusion du son !

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Nous montons ensuite dans le « poulailler » … de là nous prenons vraiment conscience du volume réel de la salle : 2138 places ! Difficile d’avancer un tel chiffre depuis l’orchestre !

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A cet étage la décoration est essentiellement dédiée à la nature : le centre de la verrière symbolise un magnifique soleil qui répand sa lumière dans la salle ; autour de lui, les vitraux bleus font penser à de l’eau ; et au plafond, sur les murs et les fenêtres des motifs floraux, des roses blanches et rouges à profusion ; le sommet des piliers se déploient comme des corolles ; et toujours le souci d’associer l’appartenance catalane avec les blasons de la région et de Saint Georges qui alternent dans les vitraux.

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A 15h15, la visite se termine. Nous sommes enchantés d’avoir pu découvrir ce bel édifice.

On reprend le métro, jusqu’au village olympique, nous comptons faire encore un peu de tourisme en retrouvant le bord de mer … Il fait un temps magnifique et il y a pas mal de monde sur la plage. A la sortie du métro, les sacs des voyageurs, des jeunes pour la plupart, sont remplis de serviettes de plage ! On suit le flot qui nous conduit, infailliblement, au bord de la mer !

Donc, paysages de carte postale : le gros poisson et les buildings qui se découpent sur le ciel bleu et la plage, ses palmiers, quelques baigneurs, des voiliers …. Comme un air de vacances !

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Mais hélas elles tirent à leur fin …. Une promenade encore dans ce quartier avant d’aller récupérer nos bagages à l’hôtel pour filer attraper notre train jusqu’à l’aéroport, l’avion … et la maison !

Vamos a la casa !

 

hotel    HOSTAL BCN PORT : L'atout de cet hôtel est sa situation, très proche de la Rambla, du métro, de nombreux bus devant la porte. La chambre est correcte (bonne literie et rangements)mais peu spacieuse .... HELAS,  la salle de bains est partagée ... et la fenêtre totalement inutile, donnant sur une cour elle laisse à peine filtrer la lumière ! Les couloirs de l'hôtel sont un véritable labyrinthe ! enfin, le sourire du réceptionniste était assez aléatoire et assujéti aux roulements de personnel !  ... bref, nous avons été emballés par la proximité des sites et services ... et nous n'y étions que pour dormir !! 

 

clipart restaurant chef t  PORT VELL : Bonne table, menus et cartes variés, bien servis ; personnel attentionné. Je le recommande, nous y sommes allés plusieurs fois et n'avons jamais été déçus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

P.S. : un autre regard, d'autres idées .... embarquez pour une "Virée Malin"  :  http://www.viree-malin.fr/guide-de-barcelone-logement-pension-visite/

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