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Jour 5 - SEVILLA

par Dan SAUBION 1 Septembre 2013, 12:00 ANDALOUSIE

Bien, on commence la journée en faisant l’inventaire de ce qu’il nous reste à voir. Demain nous allons à CORDOUE ; cet après-midi, à partir de 15 heures, nous avons prévu d’aller visiter la Casa de Pilatos, on fait l’impasse sur les arènes déjà visitées lors d’un autre voyage … ça limite les possibilités !

Il y a un monument que nous n’avons pas encore vu c’est la Torre del Oro, près du Guadalquivir (que nous n’avons encore vu que de nuit !) … ça sera donc notre but pour ce matin.

Alors c’est parti à travers les petites rues sévillanes direction El Arenal. Toujours de jolies rencontres à l’occasion de ces balades, belles maisons, jolies ruelles, agréables patios.

Au bout de la rue Arfe, au milieu de la rue, se dresse un drôle de bâtiment, assez vilain, c’est un petit marché artisanal, El Postigo. A l’intérieur, plein d’articles de toutes sortes, céramiques de toutes tailles, bijoux, cuir … pas toujours bon marché et souvent encombrants. Ce matin, il n’y a que nous ; la malheureuse vendeuse doit prier pour qu’on lui achète quelque chose … elle en sera pour ses frais, on limite les nôtres !

SEVILLA---mercado-El-Postigo.JPG

Cette petite bâtisse traversée nous arrivons à côté de l’Arco del Postigo, une des anciennes portes percées dans les remparts de la ville. A l’époque almohade, c’est par ici que l’huile d’olive entrait dans SEVILLE.

On suit ensuite le long mur, moche et sans intérêt, de la Casa de la Moneda, un ensemble industriel, recyclé en halls d’expositions et dont une partie est affectée au nouveau Teatro de la Maestranza.

Nous arrivons enfin en vue du fleuve, et de la tour !

Voici maintenant, l’Hospital de la Caritad (l’hôpital de la Charité), nous retrouvons un personnage déjà croisé durant le séjour : don Miguel de Mañara (le palais à la façade en fausses briques, le modèle de Don Juan). Ce bel hôpital n’était au départ, au XVème siècle, qu’une petite chapelle dont les prêtres avaient pour mission d’enterrer les corps des condamnés à mort et des noyés. Au XVIIème siècle, le riche veuf entreprend de financer les travaux d’un hôpital pour accueillir les plus pauvres, les laissés pour compte. Un joli petit jardin, juste en face de l’entrée de l’hôpital lui rend hommage.

SEVILLA---hopital-de-la-Caridad.JPG

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Bien, il est un peu plus de 11h30 et nous n’avons plus qu’une rue à traverser pour y arriver : de l’autre côté du Paseo de Colon se dresse la grosse tour ronde, la Torre del Oro.

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Construite au début du XIIIème siècle, elle fait partie du système de défense de la ville, elle était à l’extrémité des remparts, et à l’entrée du port. Il se dit qu’à l’époque, une lourde chaine traversait le fleuve bloquant ainsi la circulation des navires ; ce serait une légende, l’idée est pourtant séduisante …

Elle n’est pas vilaine, plantée là, au bord de l’eau, elle nous fait penser à la tour de Belem de Lisbonne.

C’est clairement une construction militaire avec ses hauts murs surmontés de créneaux en pointe, ses petites fenêtres sur tout le pourtour et ses meurtrières ; mais, peut être grâce à sa petite coupole (ajoutée en 1760), elle parvient à avoir une silhouette assez engageante ; il faut en plus l’imaginer recouverte d’azulejos dorés qui lui auraient valu son nom. Là encore les versions varient, le nom de « Torre del Oro » viendrait du fait qu’au Moyen Age les métaux précieux qui transitaient par le port était déposés dans cette tour fortifiée … c’est beaucoup moins évocateur ! Une autre source se contente de dire que ça tient à son reflet brillant sur le fleuve, dû aux matériaux utilisés pour sa construction !!! Rendez-moi mon rêve et mes azulejos !!

SEVILLA---Torre-del-oro--4-.JPG

…. Il faut maintenant nous imaginer, entrant dans la tour pour une éventuelle visite, et nous adressant aux deux cerbères en faction … pas payés pour être aimables ces deux là ! Je crois que leur vocabulaire se limite à « 3€ », en tous cas c’est tout ce qu’on a pu en tirer. Enfin, les 6€ acquittés, ils nous tendent une brochure explicative en espagnol … en français ? pas de réponse … alors on attaque la visite.

Le rez-de-chaussée de la tour est occupé par un petit « musée » naval, pompeusement appelé « Musée Naval de Séville » … ne nous emballons pas …. Enfin, il a le mérite de présenter des maquettes des caravelles de Christophe Colomb et d’autres pièces ; mais il est évident que nous ne sommes pas là pour ça !!

Non, notre truc se situerait plutôt 91 marches plus haut ! Quand faut y aller …. 91 !!! quand même !!! sans ascenseur ? … y’a à peine de quoi caser un escalier, alors un ascenseur !!! 89 – 90 – 91 !!! OUF !!! le grand air !!! et pas mal de monde sur cette terrasse, des groupes de jeunes étudiants étrangers, des familles … poussez vous !!!

Mais la vue est si jolie que ça valait bien cet effort ! Une fois de plus SEVILLE est à nos pieds. Oh, elle n’est pas bien haute cette tour (36 mètres) mais remplissant son rôle de tour de guet elle permet d’embrasser du regard la vieille ville, le méandre du fleuve et ses deux rives, une superficie bien suffisante à l’époque !

SEVILLA---Torre-del-Oro---vue-du-sommet.JPG

Il faut être un peu patients pour pouvoir prendre les photos qu’on veut, attendre son tour pour monter l’escalier de la petite coupole… mais on fait avec ! il fait bon ici, il y a un peu d’air.

On redescend ensuite, pour l’admirer d’en bas ; je n’y avais pas prêté attention avant, mais elle n’est pas ronde, elle est composée de 12 petites facettes qui passeraient inaperçues ! Au pied de la tour, des rampes d’accès et des escaliers, ainsi que des petits guichets de tour-operators qui n’ont pas beaucoup de succès. On s’installe sur des marches à l’ombre admirant les palmiers et les énormes bougainvilliers de la place.

SEVILLA---Torre-del-Oro--8-.JPG

Il est bientôt 12h30, on décide de se promener le long du Guadalquivir, voir un peu à quoi il ressemble. Une grande promenade est aménagée au bord de l’eau, parallèle au Paseo de las Delicias, c’est el Muelle de Turismo. De larges allées, de grands espaces fleuris, de longues enfilades de pergolas formant des tunnels ombragés, des bancs partout, comment résister à un cadre aussi bien conçu ! Des ouvriers sont entrain de mettre la dernière main aux finitions de petits kiosques qui, visiblement, seront des débits de boissons fraiches et petites babioles.

SEVILLA---Muelle-de-turismo.JPG

Nous remontons cette esplanade jusqu’à la Glorieta de los Marineros qui rend hommage aux courageux marins découvreurs du Monde, et en particulier, à Juan Sebastian ELCANO. Cette grande place se situe à l’extrémité du Parc Maria Luisa, en son centre une vaste fontaine et deux monuments : une haute colonne de 12 mètres de haut, pour un diamètre de 2, décorée de quatre étages de bas reliefs ; derrière elle la statue du navigateur et un grand mur représentant la carte du Monde. Juan Sebastian ELCANO, il fut de ceux qui firent le premier tour du monde avec la flotte de Magellan de 1519 à 1522. Sur les 240 marins embarqués dans cette folle expédition, une petite poignée revint en Europe à bord du dernier vaisseau (Magellan est mort quelques mois plus tôt aux Philippines), sous le commandement d’ELCANO qui accosta à SANLUCAR DE BARRAMEDA, et vint à SEVILLE remercier la Vierge de les avoir épargnés. Il est donc le premier capitaine à avoir bouclé ce fameux tour du Monde, prouvant que la Terre était bel et bien ronde. Et dire que la postérité, ingrate, n’a retenu que le nom de MAGELLAN ! Voilà une injustice réparée, même si elle n’empêchait pas la Terre de tourner !

SEVILLA---Glorietta-de-los-Marineros.JPG

…. Et nous d’avancer ! Nous sommes donc à la lisière du parc et nous devons « remonter» vers Santa Cruz et même au-delà pour notre visite de la Casa de Pilatos, l’occasion d’aller voir, sur notre chemin, les Jardines de Murillo, proches de la cathédrale et de l’Alcazar, mais qui nous ont, jusqu’à maintenant échappé.

Allez, il n’est pas encore 13 heures, il ne fait « que » 35°, les conditions idéales pour une petite promenade en ville.

Nous remontons l’avenida de Maria Luisa, puis celle del Cid, retrouvant les lieux d’hier, et arrivons en vue des premiers jardins, Jardines de Catalina de Ribera.

Ils commencent au carrefour de la Fabrique de Tabacs, et longent ensuite les murs de l’Alcazar.

Mais avant de se lancer dans la découverte de ces grands jardins, on s’accorde une petite pause au frais et deux grosses bières, les verres doivent bien faire ½ litre … et on va les liquider !! On repart, reposés et un peu rafraichis ; en tous cas moins assoiffés !

Voici donc encore un espace vert surprenant dans cette ville si chaude ! De grandes allées rectilignes, parallèles au recaredo Menendez Pelayo, que l’on ne voit pas ; de jolis bancs en fer forgé, d’énormes arbres de toutes sortes et des fleurs à profusion ! Au centre de ce paseo, un bassin et un joli monument dédié à Christophe Colomb, ici ce sont deux fines colonnes qui retiennent un navire, ce monument fait partie, en toute logique, du projet d’aménagement de l’Exposition hispano-américaine.

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D’un jardin à l’autre, nous voici maintenant dans les Jardines de Murillo, ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait d’autres, mais toujours des jardins andalous.

Nous avons plus d’une heure devant nous pour aller à la Casa de Pilatos, alors on se balade dans le bario de Santa Cruz, on « grenouille » dans les petites ruelles.SEVILLA---joli-patio.JPG

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Et de ruelles en églises, de beaux patios en jolies façades, nous voilà arrivés à la Casa de Pilatos, il est 15h15 et la température est montée à 38°.

Aucun souci pour l’entrée, juste la nécessité de produire une pièce d’identité.

Qu’est ce donc que cette Casa de Pilatos qui nous poursuit depuis le premier jour ? Cette villa n’a rien d’historique, c’est simplement une magnifique maison, dans un parfait état de conservation.

Sa construction remonte à 1521, rien d’essentiel ou de grandiose ne s’est déroulé ici qui justifierait le déplacement. Alors ? Alors, en arrivant, devant le porche d’entrée et ses jolies statues on se doutait bien un peu que cette élégante villa n’avait rien d’une ruine … mais l’arrivée dans le patio principal nous le confirme, nous sommes dans un vrai palais ! Comme cette cour est belle et élégante. Gothique-mudéjar ? En tout cas elle est splendide, si lumineuse avec sa blancheur teintée de touches ocres, et légère avec ses fines colonnes, ou joyeuse avec ses murs d’azuléjos colorés, et d’un tel raffinement avec ses stucs délicatement travaillés ! Sur quoi s’attarder ? Quel détail admirer ? une statue ici, une ciselure là, le dessin complexe de la céramique, la dentelle des stucs … Un patio de rêve ! Un décor dans lequel on voudrait passer sa vie !

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Puis nous voici dans les jardins, bien petits mais marque, à l’époque de la construction, d’une aisance sociale certaine, en effet l’eau court ici depuis 1480 arrivant de l’Aqueduc de Carmona, qui alimentait en eau claire le palais de l’Alcazar, quelques fontaines de la ville, les couvents et quelques rares privilégiés triés sur le volet.

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Et la verdure qui joue à cache-cache, par ici des petits pots de terre cuite sont alignés sur des murets de faïence, par là des buissons dissimulent une fontaine, des loggias sont cachées derrière des grilles, des passages d’un jardin à l’autre nous surprennent, … et des murs de fleurs, des rangées de rosiers, du lierre qui court sur la façade, l’eau qui jaillit des fontaines, un escalier envahi par la végétation, et de hauts palmiers qui surveillent tout ça ! C’est magnifique, apaisant, frais, du tracé impeccable au fouillis bouillonnant ! …. Un jardin de rêve ! Un décor dans lequel on voudrait passer sa vie !

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Retour vers le patio principal pour la suite de la visite, pressés par l’envie de tout voir, nous avons négligé, tout à l’heure, la petite chapelle de la Flagellation, qui doit son nom au pilier central qui rappellerait cet événement. Ce serait la pièce la plus ancienne du palais.

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Nous découvrons avec régal le rez-de-chaussée de cette merveilleuse villa, et ses vastes pièces ; nous passons ensuite dans le Grand Jardin, une création datant de 1558 sur l’emplacement de ce qui était avant le verger. Cette partie du palais était destinée à recevoir une collection de statues antiques, l’architecte choisira de ne trahir ni le palais ni ces précieuses sculptures avec ce décor de loggias à colonnes.

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A 16 heures, les personnes qui le souhaitent peuvent visiter l’étage, en étant accompagnées d’un guide du palais. L’étage est fermé et la visite ne se fait qu’avec un accompagnateur, les photos sont interdites. Règles un peu strictes de prime abord, mais bien compréhensibles quand on voit la richesse de la décoration de ces pièces : mobilier d’époque, tentures fragiles et tableaux de maîtres (dont deux Goya !).

Avant cette visite, l’attente se fait dans le grand escalier, il serait le premier (ah bon ?) et le plus monumental (on veut bien le croire !) de la ville, il est effectivement imposant !

Place donc à la découverte de cet étage richement décoré, et sauvegardé au fil des générations, jusqu’à l’actuelle propriétaire dont les portraits de famille occupent encore les tables.

Du balcon la vue est belle sur le patio principal et ses statues.

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Ce petit tour prend une petite demi-heure ; un dernier petit tour et puis s’en vont … à regret ! (http://www.fundacionmedinaceli.org/monumentos/pilatos/index.aspx)

Il est plus de 16h30, et nous voici de retour dans le décor des rues sévillanes, charmantes, mais pas aussi séduisantes que ce beau palais !

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On arrive à l’hôtel vers 17 heures ; OUF ! place à un peu de repos, la priorité est à la remise en état après cette grande journée de marche, découvertes, chaleur ….

A 20h35, on estime qu’il est temps d’écouter nos estomacs ! Repas bienvenu mais loin d’être un festin.

On rentre de bonne heure (andalouse !) car il faut nous coucher tôt, demain réveil à l’aube pour aller prendre le train pour CORDOUE.

 

divers5.gifLE COUP DE COEUR DU JOUR : sans mystère ni hésitation, la Casa de Pilatos ... Une villa de rêve ! Un décor dans lequel on voudrait passer sa vie !

 

hotelHOTEL PALACE SEVILLA : pour encore quelques nuits !

 

clipart restaurant chef tLOS COLONIALES : une bonne réputation qui attire les clients mais finalement assez décevant, en tout cas rien d'exceptionnel.

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