LA VERITABLE HISTOIRE DE MARIA CALLAS

Publié le 21 Février 2013

                           

Elle nait à New York de parents immigrés grecs. Jeune fille, Maria CALLAS, est grande, grosse et moche, c'est ainsi que la voit sa mère qui n'hésite pas à la qualifier de "grosse vache". Mais cette mère autoritaire, Evengelia, a des ambitions pour sa fille qu'elle engraisse pour devenir la plus grande des divas, car la seule qualité de Maria , à ses yeux, est sa voix exceptionnelle.

La carrière de Maria CALLAS démarre, elle rencontre le succès en Italie, ... elle y fait aussi la connaissance de Giovanni Baptista MENEGHINI, un industriel bien plus âgé qu'elle, mais très épris et qui met sa fortune à ses pieds pour aider sa carrière, argument qui décidera Evengelia à lui accorder la main de Maria.

Transformée, la jeune cantatrice devient la diva la plus recherchée et la plus connue du monde, elle a tout ce qu'elle désire à part l'enfant que "Tita" lui avait promis. Elle s'aigrit, s'éloigne, côtoie les élites et rencontre l'armateur richissime Aristote ONASSIS,  elle devient sa maîtresse et divorce d'avec son vieux mari espérant un nouveau mariage entre ces deux monstres, mais le grec vise encore plus haut et épouse Jackie KENNEDY. C'est le début de la fin pour Maria qui délaisse sa carrière, voit sa voix s'affaiblir.

 

Un très bon spectacle, une belle surprise !

 

La pièce nous éclaire (nous informe, selon les générations) sur la vie passionnante et passionnée de cette cantatrice hors du commun. Mais rien de fastidieux dans cette représentation de près de deux heures. L'écriture est alerte et moderne, les personnages bien dessinés, sans parti pris. Les scènes s'enchainent rapidement, avec l'intervention indispensable, soit, mais un peu répétitive d'une ballerine qui met en place la scène suivante au son de la voix de Maria CALLAS, ce sont quasiment les seules occasions de l'entendre, car la pièce ne nous impose pas de longs passages d'opéras, il s'agit ici de son histoire, non d'un récital posthume !

 

Ces brèves incursions mises à part, la mise en scène de Raymond ACQUAVIVA est parfaite, son utilisation d'un décor minimaliste intéressante, quelques éléments permanents, des jeux de lumières et de reflets, ces miroirs qui donnent une autre perspective à la scène .... j'ai bien aimé.

 

Dans la pièce, Maria CALLAS, monstre sacré du XXème siècle, gagne en humanité ; l'accent est bien sûr mis sur sa carrière, sa voix qui nous accompagne pendant les changements de décors ; mais c'est surtout la femme que nous suivons, et par les présences concomitantes de Maria jeune et de Maria adulte, la lumière se fait sur l'état d'esprit de cette artiste, de cette diva qui n'en a pas que le talent et les caprices. L'une et l'autre étant magistralement interprétées, par Lola DEWAERE (bien plus jolie que le portrait qui est fait d'elle) qui, telle la statue du Commandeur, rappelle sans cesse à Maria d'où elle vient et quelles sont ses aspirations ; et par Sophie CARRIER, qui campe une saisissante CALLAS, élégante, racée, passionnée, tantôt aimante, tantôt amère.

La mère "indigne", est jouée par Andréa FERREOL, ambitieuse, calculatrice et méchante à souhait sous un masque d'humilité.

Les hommes de la vie de Maria CALLAS sont Raymond ACQUAVIVA (MENEGHINI) très touchant, émouvant et Pierre SANTINI que je n'aurais jamais imaginé dans le costume d'ONASSIS, bien à tort, il nous fait un "Ari" plus vrai que nature !

La dernière à entrer en scène est Cécile PALLAS, qui est une belle Jackie KENNEDY, froide et assez snob, rivale de la "chanteuse".

 

Dernier bon point pour les beaux costumes de Lady R.FORREST .... un truc de filles, mais chapeau pour les jolies robes de Miss CALLAS, quelle belle garde-robe !!

 

Entrés suite à une sympathique opportunité, nous en sommes ressortis séduits, alors, mélomanes ou simples curieux, voici une pièce qui n'attend que vous.

 

 

Rédigé par Dan SAUBION

Publié dans #Billets d'où

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