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Sweetmemory

Un petit tour dans le vaste Monde, une pause dans une salle de spectacles, un détour par la cuisine ou auprès du sapin de Noël ... deux ou trois créations … Bienvenue chez moi , agréable visite, et n'hésitez surtout pas à laisser un commentaire. Pour être informés des articles récents, n’oubliez pas de vous inscrire. A bientôt.

LES PASSAGES COUVERTS PARISIENS avec Ludivine CABOT RODON

Quelle agréable promenade pourrait bien nous offrir Paris un triste jour d’hiver pluvieux ? Nous avons trouvé une réponse charmante, historique, culturelle, vivante : un petit circuit dans le 2ème arrondissement empruntant une dizaine de passages couverts de ce quartier si chargé d’Histoire, au cœur de la capitale.


Nous avons choisi de faire cette visite accompagnés par une guide conférencière, Ludivine CABOT RODON ; un excellent choix ! Pratique, d’une part, car il faut se rendre à l’évidence, la suivre nous a bien simplifié la tâche et nous a fait découvrir des lieux insoupçonnés ; en outre son commentaire est clair, vivant, elle nous donne les informations essentielles, connait plein d’anecdotes, sait où nous faire porter le regard, sans jamais nous ennuyer de détails trop savants ; un équilibre parfait pour une découverte, qui malgré les plus de deux heures passées en sa compagnie nous ont semblées bien trop courtes … à tel point que nous avons fait le chemin inverse après l’avoir quittée pour revoir certains lieux (la nuit était tombée, la foule dispersée …  nous avions presque une nouvelle vision de ces passages !).

 

Alors, ces fameux passages couverts de Paris ?

A partir de la fin du XVIIIème siècle, 150 de ces « rues » vont voir le jour, bientôt imitées dans certaines villes françaises ou européennes (Milan ou Vienne conservent encore aujourd’hui de magnifiques galeries). Ces passages ont comme vocation de proposer à une clientèle de riches chalands des lieux de promenade à l’abri des intempéries, de la circulation, propres et divertissantes.

La maîtrise de la verrière va être un atout majeur dans leur multiplication.

Ils vont être conçus sur des initiatives privées, souvent spéculatives : les propriétaires de terrains, maisons, hôtels particuliers vont réaménager l’espace à partir des bâtis existants, le porche et l’allée de passage sont conservés, les murs revalorisés, les habitations, communs ou entrepôts transformés en échoppes louées à bon prix. Pour la décoration, là encore le souci du rapport va primer, pas de matières nobles mais du trompe l’œil, les structures sont en bois, sans négliger toutefois le confort rendu possible par les avancées du progrès, il y aura l’éclairage au gaz et le chauffage dans ces passages !

Le dernier verra le jour vers 1860, mais la mode est déjà passée, l’intérêt s’est déplacé vers les boutiques du boulevard Haussman, le Passage des Princes n’aura jamais le succès escompté.

 

Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Seuls 17 subsistent ! … et nous allons en voir 10 !


 

Contournant le Palais Royal, le premier que nous traversons est la Galerie Vero-Dodat, exemple parfait de la démarche spéculative : deux commerçants Vero et Dodat vont s’associer, en 1826, pour ouvrir ce passage qui abritera des boutiques de luxe dans ce qui fait partie des premières rues éclairées et chauffées de la ville. … à ce détail près rien n’a changé, dans cette galerie haut de gamme qui s’ouvre sur un parfumeur de luxe et termine par un chausseur en vogue.  Ici, l’intention de rappeler la Galerie des Glaces de Versailles est claire, d’étroits miroirs entre colonnes et arcades permettent de refléter la lumière et au promeneur de rajuster sa toilette.

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Quelques rues plus loin, nous voici dans la cour du Palais Royal, l’hôtel particulier de Richelieu ; et voici un passage bel et bien couvert qui va inspirer la suite … la Galerie des Proues, derrière nous les colonnes de Burenne ; nous passons ensuite par les jardins du palais, empruntant la Galerie de Valois. Depuis deux siècles, c’est une étape incontournable de Paris, luxe, gastronomie et histoire. Le sol est recouvert de mosaïques signées par les grands artistes de l’époque, ils travailleront aussi sur d’autres chantiers de prestige, tel l’opéra Garnier. Les enseignes très haut de gamme se trouvent ici, là où Colette a vécu (il reste une plaque commémorative). Deux autres galeries encerclent ces jardins, les galeries du Beaujolais et Monpensier, du nom des rues les bordant à l’extérieur.

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On quitte le Palais Royal, délaissant le théâtre pour aller, rue Vivienne, voir la Galerie Colbert (qui doit son nom à l’hôtel particulier tout proche). Construite en 1826, elle est belle mais froide et désertée par les boutiques. Reliant le Palais Royal à la Bourse, concurrente directe de la Galerie Vivienne, elle n’a jamais vraiment fonctionné. Elle appartient à la Bibliothèque Nationale qui offre des espaces de réunion aux universités parisiennes.

Deux incontournables, ici : le restaurant « Grand Colbert » qui a conservé sa décoration d’origine de style pompéien en vogue à l’époque de sa création ; et la magnifique rotonde, élégante et lumineuse.

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Quelques pas dans la rue et on pénètre dans la Galerie Vivienne ; elle s’ouvre en 1826 sous le nom de « Marchoux » son propriétaire, vite remplacé par Vivienne plus attractif ! La construction s’achève en 1844 avec une seconde partie qui n’est pas tout à fait dans l’axe de la première, d’où un habile jeu de perspective à partir de la toute petite rotonde centrale. Ici c’est plutôt la grande Galerie du Louvre qui est imitée. La longue verrière est magnifique. Changement d’ambiance, beaucoup plus vivante ici, plus chaleureuse ; en fin de galerie la librairie Jousseaume, enseigne présente depuis l’origine.

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Un petit tour par les rues de Paris pour arriver devant la Bourse, le Palais Brongniard, voulu par Napoléon Ier, puis nous voici dans la curieuse Rue des Colonnes, maintenant tronquée, mais qui offrait avec ses colonnes décorées de palmettes une ambiance de marché méditerranéen, l’allure d’un souk avec ses toiles tendues. La principale particularité de cette rue était qu’elle était fermée, la nuit des grilles condamnaient l’accès à cet espace voué tant au commerce qu’à l’habitat. La rue de Rivoli reprendra cet esprit d’une galerie alternant logements et boutiques.

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Dans ce dédale, on jette un œil à la vitrine du chocolatier Debauve & Gallais, maison fondée en 1800, qui a régalé les rois de France avec ses royales « pistoles de Marie-Antoinette » ! (pour nos modestes bourses plébéiennes les tarifs paraissent indigestes !)

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Nous voici boulevard Montmartre, nous nous engouffrons dans le Passage des Panoramas. Il ouvre en 1800 et doit son nom à des tableaux qualifiés de « panoramiques » qui représentaient des grandes villes ou beaux paysages, exposés dans des rotondes détruites en 1831 … il n’en restera que le nom. L’ambiance est très feutrée, de tout petits restaurants côtoient les boutiques de philatélistes, vieux livres, bijoux anciens … Un magasin historique cherche repreneur, c’est le graveur Stern, ici depuis 1864 ! Il faut coller l’œil à la vitrine pour voir les murs recouverts de cuir de Cordoue, la cheminée d’époque, les boiseries. A l’angle de la rue Montmartre, dans la partie dite Galerie Montmartre, le restaurant « L’Arbre à Cannelle » nous replonge dans une atmosphère Belle Epoque.

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On traverse le boulevard, un nouveau passage nous appelle : le Passage Jouffroy. En 1846, Monsieur Jouffroy, architecte, ouvre cette nouvelle galerie en forme de baïonnette (un problème dans l’acquisition des terrains n’a pas permis un tracé rectiligne !). Changement d’ambiance ici, sous le grand hôtel Ronceray, une galerie populaire, vivante, festive. Côté architecture, on admire la belle verrière en forme de coque de bateau inversée ; un bel escalier ; et pour les gourmands, « La Cure Gourmande » … 100% sucre !

 Petits restaurants, boutiques, ici tout est chaleureux et attrayant.

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Quelques pas à l’air libre, et entre le boulevard Montmartre et le boulevard des Italiens, une jolie cour et une petite galerie, nous sommes dans le Passage des Princes. Cet ex Passage « Mirès » s’ouvre en 1860, à une époque où les grands magasins de l’Opéra ont supplanté ces petits passages commerçants, il sera le dernier construit. Il appartient aux assureurs A.G.F. et est exclusivement consacré aux enfants : grande enseigne de jouets en surface et en sous-sol « La Tête dans les Nuages », un espace de jeux vidéo, le plus grand d’Europe. Pour nous, donc, un patio et une courte galerie claire et encore parée de ses décors de fête.

 Passage des Princes (2)

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Notre guide nous quitte ici … Sur le chemin du retour nous allons voir le Passage Verdeau, dans le prolongement du Passage Jouffroy. Lui a ouvert ses portes en 1847, et depuis 1900, il abrite de nombreux antiquaires, dont la présence est à rapprocher de la proximité de l’hôtel des ventes Drouot.

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Un dernier petit détour par le Palais Royal by night pour clore cette belle visite.

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Avant de vous lancer sur nos traces ayez à l’esprit que nombreux de ces passages couverts parisiens sont privés, ils sont donc fermés le soir et souvent le dimanche.

 

  

 

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