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Visite de l'ÎLE DE LA CITE avec Ludivine RODON

par Dan SAUBION 2 Septembre 2013, 12:10 Bouts de Monde

En bons parisiens nous connaissons, bien sûr Notre-Dame de Paris et l’Ile de la Cité … le palais de Justice, la Sainte Chapelle, les quais … et … et ???

Alors une redécouverte de cette île, berceau de la capitale, s’avérait … capitale !

Alors, nous avons suivi, une nouvelle fois, Ludivine RODON qui s’engageait à nous en présenter les lieux connus certes, mais aussi les petits recoins plus discrets ou insolites …

Métro « Cité », un jour d’été … et un groupe hélas nombreux ; la rançon du succès sans doute ! Ca, c’est le hic, un bon gros troupeau à guider, intéresser et surtout parvenir à se faire entendre de tous … et là ça n’a pas toujours été évident ! … enfin, même si quelques infos ont échappé à mes oreilles, mes yeux ont été comblés !

… donc Métro « Cité », devant cette belle bouche de métro d’Hector GUIMARD de 1910, en style Art Déco qualifié de « style nouille » eu égard à ses formes molles ! Elle est quand même symbolique de PARIS, cette entrée de métro si typique flanquée de deux jolis lampadaires ! A côté c’est le marché aux fleurs qui commence.

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Pour nous direction le parvis de Notre-Dame ; la vielle dame fête ses 850 ans, pour l’occasion une estrade, des tentes, des pavillons d’exposition ont été installés, que c’est moche !!! Mais franchement qui a pu avoir une idée pareille ! c’est affreux ! ça nous prive de la vue sur la façade de la cathédrale, et en plus ce sont des constructions disgracieuses qui ne s’intègrent pas du tout au site !! Bouhhh ! carton rouge aux architectes du XIXème siècle qui font injure à leurs maîtres du Moyen Age !!!

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Enfin …. Ecoutons plutôt le rappel de l’histoire de ce qui, sur ordre de l’évêque de Sully va devenir, à partir de 1160, une flamboyante cathédrale. Sa construction va nécessiter un siècle de travaux !
Elle sera dès lors le témoin des événements marquants de la ville … du royaume … du pays !

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Elle voit la conversion d’Henri IV, le sacre de Napoléon Ier, mais elle subit aussi les foudres révolutionnaires qui démontent sa flèche, détruisent la galerie des rois et décapitent les saints de son portail !

Le temps a fait son œuvre et elle a piètre figure, déjà en 1804 pour le sacre on masque les dégâts ! Mais, vers 1830, l’œuvre de Victor HUGO va la sauver, tout le monde veut apercevoir Esméralda ou Quasimodo … et dix ans plus tard VIOLLET-LE-DUC va avoir la charge, l’honneur, de restaurer l’édifice. Il va « signer » son travail en se représentant à l’ouvrage dans une statue de bronze le long de la flèche (remise en place !).

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HAUSSMAN, va lui donner de l’espace en démolissant les petites maisons tout autour et en la dotant d’un vaste parvis … envahi aujourd’hui !

Nous faisons le tour de Notre-Dame pour aller admirer ses côtés, magnifiques, et finalement mieux mis en valeur que la façade, qui fut peinte, et la statue du Christ dorée à la feuille d’or … une mise en lumière du monument pourrait lui rendre ses couleurs !

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Un autre empereur nous attend, perchoir de choix pour les pigeons ; voici Charlemagne et ses guerriers.

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Une bien agréable promenade, ensuite, entre la cathédrale et la Seine, dans le jardin de l’Archevêché.

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Puis nous arrivons en face de l’Ile Saint Louis.

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Autrefois l’Ile Notre-Dame ou l’Ile aux Vaches ; elle va connaitre sa première urbanisation au XVIIème siècle ; au détriment des chanoines installés sur l’île, les petits artisans vont venir s’installer ici vers 1640-1670 poussés par les travaux de l’architecte Christophe MARIE qui va doter Paris de ponts solides, dont l’un d’entre eux portera son nom !

Quant à l’Ile elle-même, c’est en 1725 que son nom actuel est fixé, en souvenir du roi Louis IX, Saint Louis, qui venait, dit-on, régulièrement prier ici.

Les petites gens seront bientôt invitées à s’éloigner un peu pour laisser la place à une bourgeoisie qui va construire sur l’île de beaux hôtels particuliers. Et quand elle ne sera plus à la mode, on louera ces appartements à des artistes bohême comme BAUDELAIRE ou Camille CLAUDEL, avant de devenir le site en vogue actuel, résidence de Michèle MORGAN et Henri VIDAL, la famille de ROTHSCHILD, et plus récemment Jodie FOSTER, Guy BEDOS, Jamel DEBBOUZE, Roland DUMAS ou Daniel AUTEUIL … que du beau linge ! sans parler des acheteur étrangers qui transforment ces immeubles en y construisant des piscines … sachant qu’un studio de 20 m² se négocie environ 336 000€, ça fait cher la brasse !

Mais revenons à notre Ile de la Cité ! Nous voici maintenant, au 9 quai aux fleurs, devant la « maison » d’Héloïse et Abélard, emplacement daté de 1118, pour une maison reconstruite en 1849. Elle aurait donc vu, abrité, les amours scandaleuses entre Abélard, un clerc ecclésiastique, et sa jeune élève Héloïse ; les décorations de la façade sont jolies et romantiques à souhait, les amoureux y sont représentés, sur les frontons et sur les portes.

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On descend rue des Ursins … une rue effectivement en contrebas ! sur un des murs la marque de la crue de 1910, la Seine atteint fin janvier de cette année un niveau maximal de plus de 8 mètres !

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Notre guide s’arrête un moment pour justement nous parler de ces crues centenaires du fleuve … et des dispositions mises en place pour la prochaine catastrophe aussi attendue qu’inévitable semble-t-il !

Mais il y a aussi, rue des Ursins, une modeste petite maison sans mise en valeur sinon une porte rouge, ce fut pourtant la maison de RACINE pendant sept ans, avant que célébrité et fortune ne le fassent déménager à Saint Germain des Prés !

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Au coin de cette rue et de la rue de la Colombe, un bar à vins qui fut le repaire du bandit CARTOUCHE (le brigand du XVIIIème siècle), l’occasion de faire une parenthèse sur ce qu'était « la Cour des Miracles » refuge des mendiants et voleurs, très hiérarchisée, menace pour les parisiens et le pouvoir royal. Louis XIV ordonne qu’on y « fasse le ménage », rasant les maisons et envoyant les « truands » aux galères.

Pourtant ce pignon est bien inoffensif et charmant, décoré d’un joli lampadaire, et de colombes sur le mur ou sous un balcon.

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La rue de la colombe a un autre intérêt, au sol, au milieu de la rue, le pavé change d’allure : « le tracé figuré sur le sol de cette rue désigne l’emplacement des vestiges de l’enceinte gallo-romaine de la cité découverts en 1898 ; la confirmation ; si besoin est, que nous sommes au cœur de l’Histoire parisienne.

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Dans la rue suivante, c’est la « petite » histoire qui nous rattrape : nous sommes Rue Chanoinesse, une délicieuse petite terrasse sous la glycine, « Au vieux Paris », l’un des plus anciens restaurants de Paris, puisque depuis 1723, un bar à vins se tient ici ; n’ayant subi que peu de transformations dans cette petite maison construite en 1512 !

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Mais c’est un peu plus haut que ça devient « croustillant » ! à l’emplacement de l’actuel garage des gardiens de la Paix de Paris ; à la fin du XIVème siècle deux commerçants s’associèrent pour un commerce plutôt particulier. Le barbier égorge les étudiants fauchés qui viennent chez lui ; il les confie ensuite aux bons soins de son voisin, pâtissier-charcutier, qui va les « transformer » en savoureux pâtés. L’affaire fait scandale (oh ??!!) d’autant qu’il se dit que le roi Charles VI, lui-même, en aurait mangé ! Il va leur en cuire, ils seront condamnés à être brûlés vifs, enfermés dans des cages de fer ! et leurs maisons seront rasées …(il faut goûter l'humour macabre de ces condamnations quand on les met en rapport avec les métiers de nos suppliciés !!)   .... mais le billot de découpe, une pierre de belle taille traverse les siècles et est donc toujours visible (parait-il) dans le garage en question.

Nous retrouvons la Seine quai de la Corse, sur l'autre rive, la Tour Saint Jacques et les parasols de "Paris Plage".

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 Au loin, au bout du pont au Change, la fontaine du Chatelet qui commémore les grandes victoires napoléoniennes.

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Et voici le quai de l’Horloge, celle du Palais de Justice de Paris. Elle est la plus ancienne horloge publique de Paris, depuis 1371 elle rythme la vie des parisiens, les cloches de la tour servent de tocsin, il annonçait les naissances, comme les décès royaux.

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L’horloge vient d’être restaurée, en 2012, lui rendant son apparence voulue par Henri III qui avait déjà choisi de transformer la pièce installée par Charles V à la fin du XIVème siècle. Elle avait souffert pendant la Révolution. Comme elle est belle maintenant sur fond bleu royal parsemé de fleurs de lys dorées à l’or fin. Deux statues bordent le cadran, il s’agit de la Loi et de la Justice ; au-dessus un médaillon et trois couronnes, et deux blasons, ils font allusion à Henri III, roi de France et de Pologne, et du Ciel de par son sang royal !

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La tour fait partie de ce qui était le Palais de la Cité, le palais royal, du Xème siècle jusqu’à ce que Charles V décide de s’en éloigner, et ses successeurs le délaissent purement et simplement et y installent les sièges d’importantes institutions.

Puis viennent les heures sombres de la Révolution, le Tribunal Révolutionnaire siège dans le palais, la Conciergerie devient une prison, elle le reste jusqu’en 1936.

On passe devant ses quatre tours, celle de "l'Horloge", puis les deux tours jumelles encadrant la porte "Argent" et "César", et la petite dernière, crénelée au nom rigolo de "Bonbec" ... enfin pas si drôle car c'est dans cette tour que les prisonniers étaient torturés ... et ils avaient intérêt à avoir "bon bec" pour abréger leurs tourments ! C'est la tour la plus ancienne du Palais.

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De l’autre côté du quai coule la Seine, mais ici ce n’est pas le Pont Mirabeau, nous sommes entre le Pont au Change et le Pont Neuf. Paris est magnifique aujourd’hui sous ce beau ciel bleu.

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Nous bifurquons rue de Harlay pour aller découvrir la très jolie et discrète Place Dauphine. Elle est, sous Henri IV, la seconde place royale de Paris, après celle qui est maintenant la Place des Vosges, elle s’appellera Place Dauphine en l’honneur du dauphin Louis XIII, et on dresse, au centre, une statue du Vert Galant, maintenant c’est à l’extrémité de la place, Place du Pont Neuf qu’on trouve la statue équestre du roi (balancée au fond de la Seine au moment de la Révolution).

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Le centre est maintenant occupé par un grand square, et cet après-midi c’est le terrain de jeux de boulistes (plutôt amateurs d’après ce qu’on peut en juger !). Simone SIGNORET et Yves MONTAND ont pu gouter, de leur balcon, au calme de cette jolie placette.

Un petit salut au fier Henri IV, et nous voilà à l’entrée du Pont Neuf, le premier pont en pierre parisien. C’est aussi le premier pont à ne pas être couvert ; autrefois, des maisons étaient construites sur les ponts ; pour celui-ci des emplacements sont aménagés pour pouvoir y installer des échoppes. C’est Henri IV qui le franchira le premier, à cheval,  alors que les travaux ne sont pas encore achevés.

Ce pont historique a fait l’objet de deux « happenings » artistiques en étant « empaqueté » par CHRISTO en 1985 et KENZO en 1994.

De l’autre côté de la Seine,  la SAMARITAINE, l’enseigne bien connue, dont la réhabilitation du bâtiment est en cours d’étude.

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La Samaritaine était une ancienne pompe à eau qui alimentait les parisiens. Monsieur COGNACQ vendait des cravates à l’emplacement de l’ancienne fontaine, au milieu du XIXème siècle. Il rencontre une petite vendeuse du Bon Marché, Mademoiselle JAY. Ils se marièrent, n’eurent pas d’enfant, mais un beau magasin classé Monument Historique, et une belle fortune investie dans diverses fondations.

D’où nous sommes, nous avons un œil sur ce bâtiment art déco, et sur les visages de ce vieux Pont Neuf.

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Et voilà, ici s’achève notre visite. Deux heures d’une agréable découverte qui sort un peu des sentiers battus.

Des petits détails insolites, des lieux historiques, Grande et petites histoires ! Et le charme de Paris ; le tout servi par un instructif commentaire, dont le seul reproche que je puisse faire est qu’il fallait jouer les bons élèves au premier rang et tendre l’oreille pour ne rien rater !

Nous avons encore un peu trainé dans ce beau quartier, l'occasion de revoir Notre-Dame dans toute sa splendeur.

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L'occasion de constater que la Place Saint Michel est toujours aussi animée ! 

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