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Jour 7 - PORTO - 3

par Dan SAUBION 28 Juillet 2016, 18:54 PORTUGAL

Dernier jour à PORTO, pas de projet précis pour aujourd’hui sinon fignoler la visite de PORTO, trouver quelques bricoles à voir en plus de la cathédrale. 

Sur notre chemin, un peu partout on voit des pots de boules de basilic (manjericos), aux fenêtres, dans les vitrines, en vente dans les rues ; la région prépare la São João (la Saint Jean), et la petite plante fait partie des traditions !! 

Jour 7 - PORTO - 3

Depuis le parvis de la gare São Bento on aperçoit déjà la massive cathédrale sur son promontoire, Terreiro da Sé. Nous arrivons aux abords du monument sur le côté nord de la cathédrale devant une curieuse loggia baroque très inattendue. Elle date de 1736, et serait l’œuvre de Nasoni, encore lui ! Elégante et tapissée d’azuléjos, elle surprend par son emplacement et par son style, sa décoration, sur cette austère construction.

Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3

La cathédrale a été construite au XIIème siècle, c’est alors une église-forteresse qui est édifiée de style roman.  Les ajouts des XVII et XVIIIème siècles allègent à peine l’imposante silhouette du monument en granit sombre.

Avant d’y entrer, nous allons faire un tour sur le parvis de la cathédrale ; il s’agit d’une grande esplanade de laquelle nous avons de belles vues sur PORTO, d’où se détache la Torre dos Clerigos.

Au centre de cette place, un joli pilori (pélourinho) baroque … mais qui n’a été installé ici qu’en 1945 après l’agrandissement de l’esplanade. A côté de la cathédrale, les murs blancs de l’ancien palais épiscopal. Un peu à l’écart, en contrebas, une tour médiévale datant du XIVème, elle a été restaurée vers 1940 et abrite maintenant une annexe de l’Office du Tourisme.

Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3

Il est temps maintenant d’aller faire un tour dans la cathédrale. C’est assez curieux, l’intérieur de cette grosse construction semble plutôt étroit, c’est sans doute dû aux gros piliers. L’ensemble est assez sombre, et ce n’est pas l’imposant retable baroque qui va alléger le tout ! A côté, dans la chapelle du Saint Sacrement, l’autel du XVIIème est en argent ! Je suis davantage séduite par les très gracieux fonts baptismaux, cachés dans une alcôve fermée par une grille en fer forgé. Impossible de passer sans remarquer les bénitiers, d’énormes vasques en marbre rose ciselé.

Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3

Nous sortons de la cathédrale et en faisons le tour, arrivant, une rue plus loin devant la maison de Guerra Junqueiro, poète du XIXème siècle. Dans le jardin, trône sa statue en bronze ; nous ne nous attardons pas, zappons la visite de la maison et poursuivons.

Jour 7 - PORTO - 3

On redescend du Terreiro da Sé par les petites rues et les escaliers du quartier, très pittoresques, mais hélas, trop souvent, ici aussi, plutôt décatis, en rénovation dans le meilleur des cas, à l’abandon la plupart du temps.

Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3

Nous entrons dans la cave du porto CALEM qui promet une « expérience inoubliable » ; une visite en français démarre dans quelques minutes, 6€ par personne, c’est parfait !

Quelques minutes d’attente, le temps de se rafraichir un peu, et voici notre guide, qui parle un français parfait et a beaucoup d’humour !

La première salle nous présente la région et le terroir. Nous sommes dans une entreprise d’origine familiale, créée en 1859 par Antonio Alves CALEM (rachetée en 1998). Mais l’histoire du vin de  Porto commence en 1638 avec l’installation des caves KOPKE, qui occupent encore leur place, juste à côté sur le quai. Le vignoble des vins CALEM, se situe à cinq kilomètres en amont sur les rives du Douro, 25 000 ha de vignes pour produire tous les vins de la cave (vins et porto).  Sur un sol schisteux, qui conserve la chaleur de la journée pour la restituer la nuit, la vigne se cultive en terrasses et se récolte à pied, depuis quelques années le poids des paniers portés par les ouvriers a été limité à 30 kg ! Les vendanges se font en septembre-octobre. Le travail de vinification commence alors, le raisin est égrappé puis foulé ; après une brève macération, la fermentation est bloquée par l’ajout d’eau de vie à 75° (la qualité et la quantité de cette eau de vie vont déterminer la qualité du porto final).  Le vin peut alors être mis en foudres et commencer son vieillissement.

Nous passons ensuite dans la salle où ces fameux foudres sont entreposés, d’énormes fûts de chêne contenant 60 000 litres de précieux nectar sont stockés ici, au frais, dans la pénombre, avec une hygrométrie idéale ; ce qui n’a pas toujours été le cas, au mur sont marquées les hauteurs des crues de 1909 et 1962 (entre autres !), la cave s’était vue inondée, ce qui n’avait causé aucun dommage aux foudres, bien trop lourds, tandis que les fûts, plus légers, flottaient allègrement, nous raconte notre guide … depuis des barrages ont domestiqué le flux du Douro !

Une réglette sur le côté de ces grosses citernes permet d’en suivre le remplissage (indiqué en barriques), sachant que chaque année il y a une perte d’environ 5 à 6 litres … « la part des anges » ! Les vins y séjournent de deux à trois ans. 

Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3

« L’élevage » du vin de porto commence ensuite, goûté par « soutirage », le vin va être orienté, travaillé, en fonction de ses caractéristiques gustatives. Sera-t-il mis en bouteille jeune, laissé en fût, coupé avec des vins d’une autre année pour obtenir le produit souhaité ? 

Jour 7 - PORTO - 3

Seul le « vintage », issu des années exceptionnelles, peut vieillir tranquillement … jusqu’à cent ans, parait-il … pour les autres après un passage de deux ans en foudre, on va jouer sur la durée du vieillissement : le White – porto blanc -  (élaboré à partir de cépages blancs) est rapidement mis en bouteille, encore un peu « sec », il est recommandé en apéritif. Le Ruby – porto à la robe rouge – est mis en bouteille à la sortie du foudre, il se boit sur des plats salés, il ferait merveille accompagnant de la charcuterie ou des fromages. Enfin, le célèbre Tawny – ambré – vieillit en barrique, ce qui lui donne sa belle couleur et ses parfums boisés, épicés ; il est bienvenu au dessert (et non à l’apéritif, comme on a l’habitude de le boire !). On apprend alors que l’âge attribué à ces bouteilles n’a rien à voir avec la récolte ou la mise en bouteille, c’est la moyenne de la combinaison des années des vins qui forment le « mélange », un jeune de 8 ans additionné à un vieux de 12 ans donnera un « 10 ans d’âge » (8+12/2=10 !! la fin d’un rêve !!).

Tous ces vins ne vieilliront pas au-delà de cinq ans … à boire, donc, avec modération mais rapidement !!!

Seul le Vintage échappe à ces règles ! Lui, c’est l’excellence, issu des meilleurs fruits et des meilleures années (il n’a donc pas une production « régulière » !), il est mis en bouteille à la sortie du foudre, c’est là qu’il va pouvoir vieillir, stocké couché, dans le noir … pendant des années … c’est le vin des grandes occasions, débouché, il faut le filtrer et, surtout, le boire le jour même !

Le « LBV » - Late Bottled Vintage – est un intermédiaire de haut de gamme, c’est un vin élaboré à partir d’une seule année de grande qualité sans être exceptionnelle ; il commence à vieillir en fûts avant d’être embouteillé ; le millésime est indiqué au dos de la bouteille !

Quant au rosé, tout nouveau produit, élaboré pour répondre à la mode actuelle, il se boit plutôt en cocktail … ou en dessert, comme les autres portos qui sont souvent très appréciés en fin de repas.

Jour 7 - PORTO - 3

Après ce cours théorique, passons à l’application … avec la dégustation ! Dans une grande salle de longues tables sont dressées, et des verres nous attendent, par deux … nous avons donc chacun à goûter, un White et un Tawny ; il faut reconnaitre que ces vins sont très bons.

Jour 7 - PORTO - 3

Bien sûr nous sommes aussi dans le magasin de la cave. Si les premiers tarifs commencent aux alentours de 6€, les prix grimpent vite quand on regarde les LBV et surtout les Vintage … pour lesquels le montant est proportionnel à l’âge 

Jour 7 - PORTO - 3

Et voilà, après presque une heure de visite, nous revoici sur les bords du Douro, après une instructive et plaisante visite !

On prend la direction du retour vers l’appartement. Après avoir traversé le Ponte Luis I, nous passons devant un bas-relief, sur les Cais da Ribeira, commémorant le drame survenu le 29 mars 1809 quand le pont traversant le Douro s’est effondré sous le poids de la population fuyant les troupes napoléoniennes. Et de Napoléon aux anglais, il n’y a qu’un pas … et les anglais et le porto, c’est une longue histoire d’amour … qui remonte au XIVème siècle ! Un accord commercial entre les deux pays est signé en 1703 facilitant l’exportation du vin vers l’Angleterre. Un comptoir est ouvert alors par les négociants anglais qui vont peu à peu s’approprier la production (des vignobles aux bouteilles), ce qui explique les noms à consonance britannique de nombreuses marques (Sandeman, Offley, …). En 1756, les portugais vont mieux contrôler la situation, mais ce n’est qu’à partir de 1830 que les premières compagnies portugaises vont voir le jour… sans éliminer leurs prestigieux concurrents ! 

Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3

Nous quittons le Douro en repassant devant la maison natale de ce bon Henri le Navigateur, puis, par hasard, nous tombons sur un « urban market », un petit marché artisanal plutôt branché. On remonte jusqu’à la Praça da Liberdade pour bifurquer, au niveau du Mac Do …. Vers un autre café remarquable, le Café Magestic.

Nous arrivons sur une grande place, pas très jolie, Praça de D.João I, avec ses immeubles massifs, et ses grosses statues équestres on dirait une place d’Europe de l’Est (au moins l’image que j’en ai !), seule fantaisie sur cette austère place, une galerie décorée d’une mosaïque colorée. Pour le moment, la place est occupée par une « fanzone » !!! Le Championnat d’Europe des Nations de Football, qui se passe en France, a démarré … et voici un grand espace dédié aux matchs ; pour le moment, il n’y a pas grand monde ; et, sur l’écran géant, c’est Turquie – Croatie, il y a une cinquantaine de personnes assises (voire couchées !) sur la place, d’autres debout tout autour … et bien sûr, on s’arrête un moment ! Il y a quelques supporters turcs dans l’arène, quelques croates assis sur les bords … ce sont les turcs qui vont perdre !!! 

Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3

Le match terminé, on peut repartir … vers le Café Majestic, Rua de Santa Catarina. C’est un tout petit établissement, avec une jolie petite façade Art Nouveau ; ouvert en 1921, il doit sa renommée à sa clientèle, le gratin de la ville. Hélas, aujourd’hui, il est fermé ; on peut juste glisser un œil à travers la vitrine.

Jour 7 - PORTO - 3
Jour 7 - PORTO - 3

Nous poursuivons sur la Rua de Santa Catarina et arrivons Praça da Batalha, et la très jolie igreja de Santo Ildefonso, remarquable par ses murs couverts d’azulejos, 11 000 carreaux du même artiste que la gare São Bento ! L’église a été construite en 1709, les clochers ont été ajoutés en 1730, quant aux élégants azulejos qui font son charme, ils ont été installés en 1931. 

Jour 7 - PORTO - 3

Nous sommes Praça da Batalha, là où on avait vu le Teatro Nacional São João hier soir ! Aujourd’hui il y a une animation paroissiale, et des marchands de basilic.

Jour 7 - PORTO - 3

La journée se termine comme elle avait commencé autour de pots de basilic porte-bonheur ... 

Ça sera la dernière image que nous emporterons de PORTO, la page « tourisme » se referme … les valises vont se remplir … nous partons demain matin pour COIMBRA, j’ai prévu de visiter AVEIRO en cours de route.

Jour 7 - PORTO - 3

Très sympa la visite de la cave de porto ... et la dégustation !!! Une petite récréation !

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Toujours chez Manuela, FONTAINHAS APARTAMENTO, via airbnb

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