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Elisabeth Louise VIGEE LE BRUN au Grand Palais

par Dan SAUBION 18 Décembre 2015, 21:18 Billets d'où

Elisabeth Louise VIGEE LE BRUN au Grand Palais

Qui peut résister au charme de la peinture d’Elisabeth Louise VIGEE LE BRUN ? Pas moi c’est certain ! J’ai toujours aimé la finesse de son trait, la délicatesse de ses portraits ; la douceur, la tendresse qui en émanent. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que je suis allée voir l’exposition qui lui est consacrée au Grand Palais.

 

C’est la première fois que la France rend un tel hommage à cette artiste exceptionnelle, qui semble bien plus appréciée Outre-Atlantique si on se réfère à la quantité de tableaux provenant de musées américains, qui lui ont, eux, consacré une exposition en 1982.

 

La collection proposée est exceptionnelle, magnifique !

 

J’ai beaucoup aimé la composition de l’exposition qui permet de parcourir, à travers les œuvres,  la longue vie si particulière de cette femme.

Elisabeth Louise VIGEE LE BRUN au Grand Palais
Elisabeth Louise VIGEE LE BRUN au Grand Palais

Elisabeth Louise VIGEE nait en 1755 au cœur d’une famille intimement liée au monde artistique, son père est peintre. Elle se saisit très jeune de sa palette et fait, tout naturellement, les portraits de ses proches. Elle prend des leçons, étudie, perfectionne sa technique et est admise à 19 ans au sein de l’Académie de Saint Luc, une corporation d’artistes. A 21 ans, elle épouse Jean Baptiste Pierre LE BRUN, un négociant de tableaux. Son talent et sa renommée grandissante, aidés par un réseau de connaissances influentes, vont l’amener à devenir, dès 1777, le peintre officiel de la reine Marie-Antoinette. La jeune et belle portraitiste est appréciée pour son style élégant si particulier, sa façon de gommer imperceptiblement les petits défauts de ses modèles pour les magnifier, pour certaines libertés qu’elle s’autorise pour les humaniser. Elle sait aussi, au passage, peindre de nombreux autoportraits  qui mettent en valeur sa grande beauté.

La Révolution va bouleverser sa vie. Elle qui a fréquenté l’aristocratie doit fuir, commence alors un long périple à travers l’Europe, de 1789 à 1802, elle va voyager et séjourner en Italie, puis à Vienne, Prague, Berlin, passer de longues années en Russie. De 34 à 47 ans, elle va vivre de son art ; hébergée par certains de ses anciens amis exilés eux-aussi. Son renom ne faiblit pas et l’autorise à monnayer à prix d’or ses portraits, lui assurant une vie confortable. Partie de France avec sa fille, elle apprend, en 1794, que son divorce a été prononcé.

Elle rentre en France en 1802 où elle est accueillie avec les honneurs, elle retrouve  ses anciens compagnons, et se rapproche de l’entourage de l’Empereur. Elle ne cesse pas de voyager, effectuant de longs séjours en Angleterre ou en Suisse.

En 1805, elle revient définitivement en France ; courtisée pour son talent toujours égal et aussi pour avoir été proche de la Royauté et le témoin privilégié d’une époque. Elle poursuit son travail de portraitiste, parfois pastelliste, et se livre à une nouvelle passion, découverte lors de ses séjours italiens, la peinture de paysages en plein air.

Le dernier tableau exposé a été peint en 1830 … il a la même facture que les autres, l’artiste avait 75 ans, la main ferme et le geste léger !

 
Elisabeth Louise VIGEE LE BRUN au Grand Palais
Elisabeth Louise VIGEE LE BRUN au Grand Palais

Voici donc ce que cette magnifique exposition nous donne à voir à travers une présentation à la fois chronologique et thématique des œuvres de l’artiste.

 

Quel bonheur de croiser tous ces regards francs et lumineux ! Comme elle a su donner du charme à tous ses modèles, ils sont tous emprunts d’une grâce infinie. Son pinceau est léger, précis, invisible ; il sublime la carnation des sujets, magnifie les étoffes, s’efface dans les décors estompés ! Quelle prouesse artistique !!! Il y a le choix des postures, jamais figées, qui apportent une étonnante vitalité à ses compositions. Et puis il y a le sens du détail, la touche ultime qui donne de l’éclat à un  regard, de la sensualité à une bouche, de la fraicheur à une peau, de la vérité à une mèche de cheveux, un réalisme inouï à une dentelle, une broderie.  C’est éblouissant !

 

 

Elisabeth Louise VIGEE LE BRUN au Grand Palais
Elisabeth Louise VIGEE LE BRUN au Grand Palais

Ce voyage au pays de la beauté pure dure deux bonnes heures si on s’attarde à lire les légendes de chaque tableau qui retracent, en quelques lignes, la vie du sujet peint, notant parfois les circonstances dans lesquelles le tableau a été réalisé, soulignant quelques détails techniques. Une présentation très pédagogique, donc, mais jamais fastidieuse, souvent émaillée des propos même de l'artiste, tirés de ses « Souvenirs » ! La régulation des entrées à l’exposition limitant l’affluence du public, on a donc toute liberté pour s’attarder devant les toiles, prendre du recul, s’en approcher pour détailler ces subtiles touches qui font toute la magie de l’art de Madame VIGEE LE BRUN.

 

Une exposition magistrale ; qui éblouit par son infinie beauté et par l’inestimable talent de cette femme exceptionnelle, belle, talentueuse, imprégnée de son époque mais d’une audacieuse modernité.

 

Un rare trésor.

Elisabeth Louise VIGEE LE BRUN au Grand Palais

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